Un conservatoire des ocres et de la couleur
A l’image d’un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l’on entend conserver. Ici la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoirs-faire. Le centre de formation ,la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
LES ACTIVITES OCRES ET COULEURS D’OKHRA EN CHIFFRES
• 30 000 visiteurs annuels dont 6000 scolaires venus s’initier à l’usage des pigments et colorants,
• 3500 ouvrages sur la physique, la chimie et les sciences humaines de la couleurs, depuis le XVIe siècle,
• 30 mètres linéaires d’archives sur l »histoire industrielle de l’ocre,
• 15 000 échantillons et produits manufacturés de matériaux de la couleur, accessibles aux spécialistes
• Plus de 3000 titres couleur vendus dans une librairie reconnue par le CNL et la DRAC PACA,
• 56 terres colorantes naturelles du monde entier, disponibles au comptoir des matériaux,
• 230 jours de stages organisés chaque année dans le centre de formation,
• 27 intervenants professionnels soucieux de transmettre leur savoir-faire aux professionnels et aux débutants,
• une équipe de 10 permanents renforcée à la belle saison par des saisonniers et des stagiaires sur une commune rurale de 1200 habitants,
• 200 coopérateurs publics et privés, partenaires, salariés et bénévoles.

LA SCIC OKHRA : une coopérative de l’économie sociale
La coopérative SCIC est née de l’association créée en 1994 en partenariat entre la Commune de Roussillon dans le Vaucluse et les fondateurs du projet, Barbara et Mathieu Barrois. La SCIC Okhra est chargée de la mise ne valeur de l’Usine Mathieu et du développement du Conservatoire des ocres et de la couleur.
Son objectif principal est de contribuer à la sauvegarde, à la promotion des savoirs et des savoir-faire liés à la production de l’ocre et à la mise en oeuvre des matières colorantes dans différents domaines : bâtiment, peinture, papier, art et métiers d’art… La coopérative gère l’Usine Mathieu en Délégation de Service Public culturel et touristique depuis 1998. Elle a également créé en commun avec la Société des Ocres de France, une filiale Arcano, titulaire depuis avril 2009 de la Délégation de Service Public d’exploitation des Mines galeries d’ocre de Bruoux pour une durée de 15 ans.
L’association ôkhra s’est créée comme entreprise à vocation culturelle. En France, le seul statut adapté à un projet moralement collectif et concrètement économique était finalement jusqu’à la loi sur les SCIC de 2001 celui de l’association loi 1901. Fiscalisée pour l’ensemble de ses activités, l’association ôkhra a toujours appliqué le principe de réinvestir les excédents de gestion dans les activités culturelles, par nature déficitaires : bibliothèque, mathériauthèque, acquisition et restauration de machines, expositions culturelles, colloques…
Jusqu’en 2004, l’association comptait selon les années 450 à 500 adhérents aux centres d’intérêts très variés : Roussillon, le patrimoine industriel, l’ocre, la couleur, les pigments, les métiers d’art, l’art, l’amitié… En 2004, 150 adhérents se sont engagés comme acteurs de la transformation en SCIC et 300 ont poursuivi l’aventure sous un mode plus libre d’abonnement. En 2011, la coopérative compte plus de 200 coopérateurs.
La finalité d’intérêt collectif d’ôkhra : valoriser l’ocre, entreprendre autrement
Le choix de la forme de SCIC constitue une adhésion aux valeurs coopératives fondamentales : la démocratie, de la solidarité, l’intégration sociale, économique et culturelle et enfin ses réserves son impartageables.
le concept : Le conservatoire des ocres et de la couleur
La population est constituée de personnes de grande diversité qu’il faut sensibiliser chacune à sa manière. Il faut que chacune soit atteinte. Ici sont abordées tant de pratique que les théories de la Couleur.
Les rencontres
Au Conservatoire, les manifestations établissent la rencontre entre des hommes de l’art et des curieux initiés ou totalement novices. Il en va ainsi de toutes les autres activités du Conservatoire qui privilégient l’échange « de visu ». Un parcours pédagogique bilingue « de l’ocre à la couleur » permet à toute heure de découvrir le patrimoine technique de l’usine et des visites accompagnées sont organisées tous les jours.
Les publics
Définir le public, les catégories de public par activité, communiquer de façon individualisée. Le grand public vient naturellement là où un sujet trouve sa cohérence à être logé. Parler de la couleur à Roussillon, en Provence, apparaît comme une évidence lorsque l’on constate le nombre et la qualité d’éminents spécialistes qui viennent spontanément à Roussillon.
les partenariats
le développement des partenariats suit deux axes complémentaires :
- les partenariats techniques avec des entreprises, des institutions, des associations et des particuliers pour illustrer l’approche technique de la couleur à travers ses matériaux,
- les partenariats institutionnels avec la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et le Département de Vaucluse notamment afin de valoriser le modèle économique d’entreprise à vocation culturelle.
Le lien juridique avec la collectivité locale
Mise en place d’une délégation de Service Public (DSP) dans le cadre de la Loi Sapin. Cette procédure permet à une collectivité de confier l’exploitation et la gestion d’un service culturel et touristique à une personne de droit privé. En 1998, à l’issue d’un appel d’offre, ôkhra signe avec la Communauté de Roussillon un contrat d’affermage pour une durée de 12 ans. Suite à la résiliation du contrat en 2007, un nouvel appel d’offre est lancé par la commune pour une DSP touristique et culturelle d’une durée de 20 ans. Ainsi la Scic ôkhra est gestionnaire de l’usine Mathieu jusqu’au 31 décembre 2027.
Le mode de gestion
Le principe d’autofinancement du fonctionnement et du réinvestissement des profits dans le développement culturel du projet est présent depuis 1994 : l’activité économique s’est développée graduellement en s’adaptant d’année en année à l’espace disponible et à la quantité de public accueilli.
Aujourd’hui, le Conservatoire des ocres emploie des salariés en CDI, des intervenants professionnels, des saisonniers en CDD et des vacataires. Le résultat d’exploitation est réinvesti dans l’acquisition de patrimoine et dans les ressources humaines afin d’améliorer la qualité d’accueil par la formation interne. La gestion de la SCIC est une gestion à but non lucratif.
L’identité
Okhra vient du grec ôkhros, couleur indéterminée, couleur bileuse, entre le jaune et le vert. D’autres noms créés au travers des thèmes de recherche et d’expositionsont protégés par un ensemble de marques déposées : ôkhra TM, Pratiques Pigments-Terres TM , Peaux de Peinture PM, Usine Mathieu TM et Ecole de Printemps TM, Jardin des Teinturiers TM, COnservatoire des ocres et de la Couleur TM.
Le lieu « catalyseur » : L’usine Mathieu
Le contexte
- Roussillon, un site de renommée internationale avec le village et le sentier des ocres, beauté, notoriété, force identitaire
- la Société des Ocres de France, producteur et partenaire, légitime la valorisation économique
- Le Parc Naturel Régional du Luberon, la qualité de l’environnement, l’outil d’appui en développement local
- la Provence, porteuse d’un rêve international : dynamisme patrimonial, diversité de la population, artisans et les artistes.
L’enquête ethnographique
Nécessaire reconstitution des fonctions et de l’âme du lieu, enquête très complète réalisée par Francine Simonin et financée par la DRAC, publiée en 2000 sous forme de livret : « l’ocre…de la belle marchandise », épuisé, consultable sur place.
Matériauthèques, archives et mémoire collective
Cuissons, lavages expérimentaux et transmission de savoir-faire pour la Fête de la science, création et développement d’un centre de ressources documentaires et techniques sur la mise en oeuvre des couleurs (archives, documentation, bibliothèque, matériauthèque de produits de bases, échantillons d’artisans.
le potentiel du lieu
Nécessaire enrichissement patrimonial : remontage d’anciens moulins, illustration de la filière pigment de la production à la commercialisation des pigments. Les bâtiments et le site de lavage sont aussi ouverts à des interventions artistiques sous réserve qu’elles soient directement inspirées par le lieu et liées intimement à lui : ainsi une anamorphose éphémère de Jean-Pierre Brazs (1997), un spectacle de Dominique Boivin pour le Vélo Théâtre (1998), une installation d’Helga Brenner sur le travail ocrier (1999), « l’enclos » de Jean-Pierre Brazs (2000), la série de sculpture en cuivres et laiton « constellation du taueau » (2004), le labyrinthe de Francisco Sobrino (2006).
Les investissements
Le site de l’usine Mathieu appartient à la Commune de Roussillon. Depuis 1984, ôkhra aide la commune à rechercher des financements publics (Etat, Région, Département) pour les travaux d’investissements appuyés par le Parc naturel régional du Luberon. Une première phase de travaux a permis la réhabilitation Bâtiment du Rouge et la mise en sécurité du site (1995-1997).
De 1994 à 1998, Mathieu Barrois a pris en charge sur son activité individuelle de consultant l’ensemble des investissements en montage du projet (études, prospections, communication, déplacements). En 1998, dans le cadre du contrat d’affermage, l’association a repris à sa charge ces deux natures d’investissements par tranches d’amortissements annuels.
Depuis 1998 deux nouvelles phases de travaux ont été entreprises, celle du bâtiment du Jaune (1998-1999) et celle du Pôle d’Excellence Rural « Couleurs-matières couleurs-lumières avec la première tranche de l’aménagement du vallon de Péquincan (2009-2010).
Chaque année, ôkhra réalise des aménagements décoratifs présentant l’ensemble des techniques murales.







