Ecole de Printemps 2010 – La couleur et le temps

Ecole de Printemps 2010
Ecole thématique interdisciplinaire CNRS
« couleur, une question d’échelle : le temps »

Comité scientifique

Serge BERTHIER (Institut des Nanosciences de Paris, INSP, UMR 7588, Université Paris 7, Paris),Michel BLAY (SYRTE, UMR 8630, Ecole Normale Supérieure, Paris) président du comité scientifique, Christine FERNANDEZ-MALOIGNE (Laboratoire Signal, Image, communication, FRE 2731, Université de Poitiers, Poitiers), Directrice Scientifique Associée du GDR 720 ISIS, pour le thème B « Image et Vision », Jean-Marc FRIGERIO (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Université Pierre et Marie Curie), Michel IMBERT (Ecole Normale Supérieure, Paris), Pascal MAMASSIAN (Laboratoire psychologie de la perception, FRE 2929, Université Paris 5 René Descartes, Paris), directeur du GDR 3045 Vision, Michel MENU (C2RMF, UMR 171 CNRS-Ministère de la Culture, Paris), Bernard METZGER (Ecole Nationale Supérieure d’art de Dijon, Dijon), Françoise VIENOT (Equipe Vision et apparence, Centre de Recherche sur la Conservation des Collections, UMR 7188, Museum d’Histoire Naturelle, Paris).

Comité d’organisation

Patrick CALLET (Laboratoire Mathématiques appliquées aux systèmes, Ecole Centrale, Paris – vice-pdt Centre Français de la Couleur), Mady ELIAS (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Paris), Jacques LAFAIT (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588 CNRS-Paris 6, Paris), directeur du GDR 2602 Couleur et matériaux à effets visuels, Mathieu BARROIS (Conservatoire des ocres et de la couleur, ôkhra, Roussillon-Provence).
coordination d’organisation : SCIC ôkhra

11h45 – 12h30Construction de la perception colorée jusqu’à l’âge adulte
François Vital-Durand, INSERM Lyon

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PIGMENTS
Paradoxalement, le principal ennemi de la couleur = la lumière elle-même, au cours de la période d’exposition !
décoloration, exemple : carmin d’Alizarine,
plus rarement changement de nuance, exemple : Le Vermillon véritable qui noircit.
Humidité et H2S peuvent agir en synergie avec la lumière sur certains pigments : Blanc d’Argent, Jaune de Naples véritable.
Détermination de la résistance à la lumière est possible sur :
1. Le pigment lui-même, ce qui ne fait pas intervenir le milieu chimique dans lequel il est bloqué,
2. Le pigment dans la peinture, qui là fait intervenir son environnement direct.
Ne pas oublier que les autres ingrédients d’une peinture peuvent eux aussi évoluer avec le temps et la lumière : l’huile de la peinture à l’Huile.
1. Détermination sur le pigment lui-même :
a. Qu’est ce qui fait qu’on « voit » la couleur : quelques notions et définition de facteurs : objet coloré, lumière, absorption/ réflexion, œil qui voit, cerveau qui interprète.
b. L’œil est très sensible pour déceler des différences, mais pas toujours pour les expliquer.
c. Aide de la colorimétrie pour déterminer des variations. Quelques notions, explication du repère La*b*.
d. Echelle des bleus.
e. Ce qui est pris en compte par la plupart des fabricants de couleurs d’art. Pas de norme, chacun fait ce qu’il veut. Quelques exemples.
2. Détermination sur le pigment dans la peinture :
a. normes américaines ASTM = détermination de sources lumineuses naturelles standard, et classement des pigments dans chacun des milieux tels que Huile, Acrylique, Aquarelles notamment, et pourquoi pas dans pastels secs pour l’instant en tout cas…
b. rares exemples de variation (PR122) selon la nature de la peinture,
c. Ici besoin de définir le Nom de Color Index, celui utilisé dans ces normes ASTM.
COLORANTS,
1. Différence Pigment/colorant,
2. Ce qui est dit sur les pigments en termes de technique de mesure (échelle des bleus) applicable aux colorants, sauf pas de normes ASTM,
3. Importance de la nature du support pour tenue lumière d’un colorant, contrairement au pigment.
Bernard des Roseaux
Ingénieur et Directeur de production Sennelier

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En guise d’introduction, réflexion sur le caractère indissociable du point de vue du peintre des notions échelles spatiale et temporelle.
-1- dans le face à face avec l’oeuvre, une question de temporalité entre l’idée de perception et l’idée de réception.
-2- la temporalité à l’oeuvre à l’intérieur du tableau, et dans son environnement par les jeux de dispositifs spatiaux (de la scénographie au parcours architectural)
-3- peinture et nouveaux médias, temps fictif/ temps réel
Bernard Metzger
Artiste et Enseignant à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Dijon
15h00 – 15h45Vieillissement de la couleur depuis le big bang, premiers résultats du satellite Herschel et rappels sur WMAP
Pierre Encrenaz, Astronome

Lundi 22 mars ACCUEIL, INTRODUCTION, PREREQUIS
13h30 – 15h00 Buffet d’accueil
15h00 – 15h15 Ouverturecomité scientifique
15h15 – 15h45 Présentation du programme et des objectifs de formation de l’Ecole 2010
Michel Blay (SYRTE, ENS, Paris)
15h45 – 16h30 Histoire et Théories des phénomènes colorés I
Libero Zuppiroli (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Genève)

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Nous nous intéresserons aux théories de la couleur qui d’emblée plurent aux artistes davantage qu’aux scientifiques. Ce sont celles qui placent l’Homme au centre de l’univers. Goethe en est le promoteur principal. Il s’appuie sur le point de vue naturaliste d’Aristote.
Maxwell, parce qu’il définit la couleur à partir de primaires et non pas en se référant aux expériences du prisme, fonde une colorimétrie tout empreinte de physiologie. En introduisant les trois paires de primaires perceptives, Hering enrichit l’approche de Goethe à laquelle Christine Ladd-Franklin et Ogden Rood donneront la touche finale.
Les conceptions de ces théoriciens pourront donc être directement comparées aux grands paradigmes scientifiques de la couleur évoqués par Michel Blay au cours de cette même session.
Libero Zuppiroli
Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne, CH
16h30 – 17h00 Pause
17h00 – 17h45 Histoire et Théories des phénomènes colorés II
Michel Blay (SYRTE, ENS, Paris)

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Nous nous intéresserons à la genèse de la théorie mathématisée des phénomènes de la couleur.
Dans un premier temps nous nous attacherons à présenter les conceptions de la genèse de la couleur avant Newton. Le deuxième temps sera consacré aux travaux de Newton et le troisième à la critique de ces mêmes travaux au XVIIIe siècle par Louis-Bertrand Castel et par Jean-Paul Marat.
Michel Blay
SYRTE, Ecole Nationale Supérieure, Paris
18h00 – 19h00 Tour de Table de Présentation des participants
20h00 Dîner
Mardi 23 mars PHYSIOLOGIE/PHYSIQUE/PERCEPTION
09h00 – 10h30 Le traitement des signaux de la couleur dans l’écorce cérébrale
Daniel Kiper, Institut de Neuroinformatique, Université de Zürich et Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich

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La perception des couleurs est dépendante non-seulement des variations spatio-temporelles des photorécepteurs de la rétine, mais également de la façon dont ces signaux sont combinés dans les voies visuelles. Je vais expliquer la nature de ces combinaisons dans la rétine et le thalamus, et porter une attention particulière au traitement des signaux dans l’écorce cérébrale. Je vais décrire le rôle fondamental de l’écorce cérébrale visuelle primaire (V1), et suivre ces signaux dans les aires visuelles secondaires. Cela nous permettra d’en comprendre les multiples fonctions, d’illustrer comment elles influencent les aspects spatiaux et temporels (à courte et longue échelle) de la vision des couleurs, et d’expliquer pourquoi la plasticité de ces aires est fondamentale pour notre perception de la couleur.
Daniel Kiper
Institut de Neuroinformatique
Université de Zürich et Ecole Polytechnique Fédérale de Zürich
Zürich, Suisse
10h30 – 11h00 Pause
11h00 – 11h45 Les vitesses de traitement de l’information visuelle dans le cerveau
Simon Thorpe, Toulouse
12h30 – 15h00 Pause déjeuner
15h00 – 16h00 Des lasers monochromatiques aux à impulsions ultra courtes
Lucile Julien, Laboratoire Kastler Brossel, Université Pierre et Marie Curie, CNRS
16h00 – 16h45 Evolution des sources lumineuses
Eric Roaux, Ingénieur

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L’histoire des sources lumineuses est passionnante, elle remonte pratiquement à l’origine de l’humanité. Elle commence quand l’homme apprend à maîtriser le feu…
Tout d’abord, l’historique des sources lumineuses sera présenté, puis on donnera les critères de qualité des lampes. Enfin, après avoir défini les grands axes de recherche, on tentera de prévoir les sources lumineuses de l’avenir.
Eric Roaux
ingénieur
16h45 – 17h30 Echelle des temps en fluorescence
Jean-Marc Frigerio INSP, Paris
17h30 – 17h45 Pause
17h45 – 19h45 Présentation de « Sciences de la Couleur » par l’auteur Robert Sève
Les doctorants présentent leurs travaux (coordonné par Michel Blay)
20h30 Dîner puis soirée libre
Mercredi 24 mars HISTOIRE/ART/PHILOSOPHIE
09h00 – 10h30 De la couleur au colori : transformations des théories artistiques de la couleur
Jacqueline Lichtenstein, professeur des universités

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Tantôt subordonnée au dessin et considérée comme secondaire, tantôt identifiée à l’essence même de la peinture, la couleur n’a cessé au cours des siècles d’être l’objet d’intenses débats artistiques et théoriques concernant sa place et son statut dans la définition de l’art. Nous voudrions montrer comment les différentes approches artistiques de la couleur qui se sont manifestées au cours des siècles, de l’antiquité jusqu’à l’époque moderne, sont liées aux transformations du contexte épistémologique qui affectent l’approche théorique, scientifique et philosophique, de la couleur.
Jacqueline Lichtenstein
Professeur des universités
Université Paris-Sorbonne
10h30 – 11h00 Pause
11h00 – 11h45 Evolution de la couleur en photographie
Bertrand Lavedrine Centre de Recherche sur la Conservation des Collections MNHN, CNRS

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Ce n’est qu’à partir du 20ème siècle que la photographie acquiert des tonalités neutres de gris à noir et blanc, en effet la plupart des images faites au cours du 19ème siècle, que nous regroupons dans la famille des photographies « noir-et-blanc», présentent souvent des tonalités chaudes allant du brun au violet. Alors que l’on cherchera à atténuer la teinte de ces images monochromes au cours du 19ème siècle, les travaux sur une méthode de photographies en couleurs connaîtront un rapide essor. Dans un contexte marqué par une compréhension encore partielle de la physique des phénomènes lumineux et par les lacunes d’une science photographique naissante, la mise au point des premiers procédés trichromes renoue avec les pratiques qui avaient rendu possible l’invention de la photographie : privilégier une approche pragmatique qui emprunte à la méthode scientifique, sans négliger pour autant les apports de solutions empiriques. L’incapacité du daguerréotype à restituer la couleur conduit à rechercher une substance « caméléon » – idéale mais utopique –, susceptible de prendre la coloration des radiations auxquelles on l’a exposée et de produire directement une image colorée. Edmond Becquerel, professeur du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, parvient à produire en 1848 le premier enregistrement photographique du spectre solaire par une méthode directe, sur plaque argentée. Il faudra attendre 1891 pour que Gabriel Lippmann propose une technique remarquable d’enregistrement et de restitution photographique des couleurs par une méthode interférentielle. Louis Lumière tente en vain de l’introduire sur le marché, mais c’est finalement un procédé dit « additif », l’autochrome, qui connaitra après 1907 un rapide succès. A partir de 1935, avec l’introduction des films « chromogènes » commercialisés par Kodak puis Agfa, ces procédés additifs sont condamnés à disparaître. De nos jours, l’essor des techniques numériques (capture et impression des images), transforme l’univers de la photographie et annonce la fin des impressions photographiques et des couleurs si spécifiques qui y sont attachées.
Bertrand Lavédrine
Professeur, CRCC, Paris
11h45 – 12h30 Les lumières du temps en architecture et dans l’environnement construit
France Cler, consultant couleur F&M Cler

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L’approche de notre espace vital, sa conception et sa compréhension sont la résultante d’une synthèse entre sensation et raison.
Notre réalité est issue de la rencontre du temps et de l’espace universel ;elle dépend également de la réciprocité entre signifiant et signifié accordée culturellement par les hommes au monde qui les entoure.
Chaque milieu est contextuel,influencé par l’environnement,naturel ou élaboré, ainsi que par la symbolique du regard qui s’y rattache.
« GEOSPATIALITE » et « GEOCHROMIE ». Primordialité des phénomènes climatiques qui influencent notre existence, des composantes de notre biosphère ainsi que des qualités de lumière changeante – variance des supports et mobilité des apparences.
Les éléments fondateurs –Air- Lumière-Eau- Végétal-Minéral – constituent la panoplie du visible.
La technologie des nouveaux matériaux enrichit les potentialités conceptuelles de notre cadre de vie .
L’interaction énergétique Lumière-Couleur varie selon les réceptacles-matière et notre perception par le codage du cerveau. Cette vibration traverse les espaces,en modifie notre appréhension synesthésique et en diversifie les qualités d’ambiances.
L’aspect chromatique n’est jamais inerte, il joue des transformations et exprime dans sa fugacité les lueurs de naissance et de disparition.
Les espaces urbains sont des supports démonstratifs de ces différentes approches.
France CLER
Consultante Couleur, Paris
12h30 – 14h00 Déjeuner
14h00 – 17h30 Choix à préciser après l’inscription
Atelier n°1 excursion ocres d’Apt, découverte géologique de l’ocrification des grès verts vers RustrelJean-Marie Triat, géologue, Faculté de Marseille
Atelier n° 2 photographie numérique, temps et couleur Philippe Durand, photographe, Paris
Atelier n° 3 arts graphiques, papiers, couleur et temps Silvia Brunetti, restauratrice, Paris
Atelier n° 4 nuancier de pigments et colorants au cours des époques(cet atelier comprend la visite du conservatoire),
Atelier n°5 pigments et décors à la chaux sur supports anciens et actuels Olivier Féraud, artisan
18h30 – 19h30 Réunion du Comité Scientifique
19h30 -21h00 Dîner
21h15 -22h30 Conférence du soir archéologie et haute technologie (ouverte au public)
par Juliette Rollier-Hanselmann, archéologue, restauratrice , projet Gunzo de l’ENSAM Cluny
Jeudi 25 mars ART/HISTOIRE/PHYSIQUE
09h00 – 10h30 Le Temps artiste ? Couleur, pigments et liants : patine ou altération
Ségolène Bergeon Langle, conservateur général du patrimoine

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La couleur d’origine, posée par l’artiste sur une sous-couche et couverte le plus souvent d’un film protecteur, est généralement différente de la couleur observée aujourd’hui : pigments et liants ont évolué, leurs rapports aussi ; de plus des craquelures profondes se sont emplies de poussières ce qui apporte un voile gris et le vernis est devenu blond.
En effet le temps apporte des modifications de couleur, de transparence et de valeur; il crée une nouvelle harmonie et peut aussi révéler un processus créateur.
On a l’habitude, culturelle, de distinguer d’une part l’effet normal du passage du temps ou patine , caractéristique de l’authenticité du patrimoine culturel et d’autre part le résultat d’accidents de parcours de la vie matérielle de l’œuvre peinte ou altération . Cette distinction est essentielle dans le domaine de la restauration où elle guide l’action.
Ségolène Bergeon Langle
Conservateur général du patrimoine, honoraire.
Anciennement chef du service de restauration des peintures des musées nationaux, direction des musées de France, Paris
Fellow of the IIC
10h30 – 11h Pause
11h00 – 11h45 Evolution des pigments et colorants
Bernard des Roseaux, directeur technique des fabrications des couleurs Sté Sennelier
11h45 – 12h30 La couleur et le temps de sa mise en œuvre en peinture
Bernard Metzger, Ecole Nationale Supérieure des Arts de Dijon
12h30 – 15h00 Déjeuner
15h45 – 16h30 « Ralentir la lumière ? » Nicolas Treps, Laboratoire Kastler Brossel, Université Pierre et Marie Curie, CNRS

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La vitesse de la lumière dans le vide est une constante fondamentale à la base de la relativité restreinte. De valeur fixe, elle constitue le lien entre temps et espace, ce qui en fait l’outil de la métrologie du temps et des fréquences. La situation est bien différente dans un milieu matériel, où l’interaction avec les atomes et les molécules induit une modification de sa vitesse et de sa direction de propagation. Dans les milieux usuels, les indices rencontrés changent de moins d’un ordre de grandeur cette vitesse, mais depuis quelques années on a découvert qu’en se plaçant proche de résonances atomiques il était possible d’obtenir de ralentir la lumière jusqu’à finalement l’arrêter et donc la stocker à l’intérieur d’un milieu. Nous verrons la physique de ces interactions ainsi que des mises en œuvre expérimentales récentes et de possibles applications. Nicolas Treps
Laboratoire Kastler Brossel
Université Pierre et Marie Curie, ENS, CNRS, Paris
16h30 – 17h00 Pause
17h00 – 17h30 Evolution de l’utilisation des ocres en art et dans l’industrie
Mathieu Barrois, okhra, Conservatoire de la Couleur
17h30 – 18h00 Evolution des ocres à l’échelle géologique
Jean-Marie Triat, Faculté de Marseille
18h00 – 18h30 Evolution de la couleur dans les arts du feu
Pierre-Antoire Cuvelier, ingénieur ECP
20h30 Soirée couleur et repas
Vendredi 26 mars OPTIQUE/ PHYSIQUE /ART
09h00 – 9h45 Les rythmes circadiens et le récepteur à mélanopsine
Howard Cooper, INSERM Lyon
09h45 – 10h30 Perception de la couleur à travers l’évolution des espèces (présentation en anglais),
Andrew Parker, National History Museum, GB
10h30 – 11h00 Pause
11h30 – 12h15 Signaux chromatiques dans le monde du vivant
Serge Berthier, INSP, Paris

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La couleur est une caractéristique universelle des êtres vivants, animaux ou végétaux. Quelque soit son origine, pigmentaire ou structuralle ou active (bioluminescence), elle participe directement et de manière forte au développement et à la survie des espèces mais aussi de chaque individu. Ce n’est cependant pas une constante, et les couleurs des organismes vivants évoluent au cours du temps sous l’influences de diverses contraintes avec des temps caractéristiques qui s’étalent de plusieurs millions d’années à quelques millisecondes, selon les contraintes.
Nous illustrerons ces divers types d’évolution de la couleur par un panorama forcément non exhaustif en insistant sur les liens directs entre les différentes contraintes (pression sélective, environnementale, stress, amoureuse…) et les constantes de temps du changement coloré. Nous distinguerons, chaque fois que cela est possible les évolutions individuelles, dont les constantes de temps sont forcément limitées par la durée de vie de l’organisme, de celles beaucoup plus lentes des espèces. Nous retrouvons ici un système multi échelle temporel, parallèle au système multi échelle spatial traité l’an passé.
Nous examinerons enfin plus en détail les phénomènes physiques ou chimiques à l’origine de ces changements de couleurs, en insistant sur la possible réversibilité des effets, sur leur caractère volontaire ou passif.
Serge Berthier
Institut des Nanosciences de Paris
Université Paris Diderot
12h30 – 14h00 Déjeuner
14h00 – 15h00 Patine , moisissure et sfumato. La couleur comme mythe persistant
Jacqueline Chénieux-Gendron, directeur de recherche émérite

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C’est une vieille histoire dans la philosophie que celle de la différence entre sensation et perception. Or la perception des couleurs offre un éventail particulièrement diversifié de positions théoriques, sur lesquelles jouent les mots et les formulations poétiques.
Pour réduire le champ de l’étude, on s’attachera à ces mots qui désignent soit le vieilli dans la couleur, donc le passage du temps : « patine » en français pour la couleur vieillissante du bois ; soit le passage de l’humidité de l’air (moisissure) liée elle aussi au temps, soit enfin l’ajout supposé par le peintre d’un flou ombré, sfumato en italien, pour distancier le regardeur de l’objet de son regard (le modèle) et simuler une distance spatio-temporelle.
Une sensibilité individuelle serait-elle en jeu dans l’usage de ces mots? C’est chose certaine, mais il serait trop simple de renvoyer à des différences physiologiques (mesurables) les différences de perception. De s’agit-il pas toujours, jusqu’à un certain point, de l’activité de la langue dans sa fonction « poétique » (Jakobson)? Et la langue donnerait-elle à voir autre chose ?
Le passage du temps sur la couleur démultiplie le « mythe » de la couleur. « Mythe » entendu en son sens positif (André Breton) ou négatif (Roland Barthes).
Jacqueline Chenieux-Gendron
directeur de recherche émérite
15h00 – 16h00 Bilan pédagogique de l’Ecole Interdisciplinaire 2010 participants, organisateurs et le conseiller formation CNRS
Présentation des Thèmes d’Ecole et attendus pour Mars 2011
16h30 Clôture de l’Ecole et transfert vers la gare TGV

Pendant toute l’Ecole, un atelier Couleur et Temps est proposé en sous-groupes alternés par le Professeur Jean Matricon, Université Paris VII

Robert Sève nous présentera son nouvel ouvrage édité en 2009 aux Editions Chalagam : Sciences de la Couleur

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.