Ecole de Printemps 2011 – Le noir et le blanc

Ecole de Printemps 2010
Ecole thématique interdisciplinaire CNRS
« le noir et le blanc »

Comité scientifique :

Serge BERTHIER (Institut des Nanosciences de Paris, INSP, UMR 7588, Université Paris 7, Paris),Michel BLAY (SYRTE, UMR 8630, Ecole Normale Supérieure, Paris) , Patrick CALLET (Laboratoire Mathématiques appliquées aux systèmes, Ecole Centrale, Paris), Christine FERNANDEZ-MALOIGNE (Laboratoire Signal, Image, communication, FRE 2731, Université de Poitiers, Poitiers), Directrice Scientifique Associée du GDR 720 ISIS, pour le thème B « Image et Vision », Jean-Francis BLOCH, (UMR 5518,Institut Polytechnique de Grenoble G-INP / Pagora/ LGP2), Jean-Marc FRIGERIO (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Université Pierre et Marie Curie), Michel IMBERT (Ecole Normale Supérieure, Paris), Jacqueline LICHTENSTEIN (Université Paris Sorbonne), Pascal MAMASSIAN (Laboratoire psychologie de la perception, FRE 2929, Université Paris 5 René Descartes, Paris), directeur du GDR 3045 Vision, Michel MENU (C2RMF, UMR 171 CNRS-Ministère de la Culture, Paris) président du comité scientifique, Bernard METZGER (Ecole Nationale Supérieure d’art de Dijon, Dijon), Françoise VIENOT (Equipe Vision et apparence, Centre de Recherche sur la Conservation des Collections, UMR 7188, Museum d’Histoire Naturelle, Paris).

Comité d’organisation :

Patrick CALLET (Laboratoire Mathématiques appliquées aux systèmes, Ecole Centrale, Paris – vice-pdt Centre Français de la Couleur), Mady ELIAS (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Paris), Jacques LAFAIT (Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588 CNRS-Paris 6, Paris), Frédérique CHALEUX, ôkhra

Lundi 26 mars ACCUEIL, INTRODUCTION, PREREQUIS
13h30 -15h00 Buffet d’accueil
15h00 – 15h15 Ouverture et modalités d’organisation de l’Ecole
comité scientifique et ôkhra
15h15- 16h00 Objectifs de formation de l’Ecole 2011
Michel Menu (C2RMF UMR171 CNRS Ministère de la Culture)
16h45 – 17h30 Dessin ombre et clair-obscur
Jacqueline Lichtenstein (Université Paris Sorbonne)
17h30 – 18h15 La physique au noir
Jean-Marc Levy Leblond (Université de Nice Sophia Antipolis)

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La fascination de cette couleur qui n’en est pas une ne saurait épargner l’imaginaire des physiciens. Aussi n’est-il pas surprenant que nombre de leurs termes techniques concernant des problèmes ou des phénomènes souvent énigmatiques, évoquent le noir : le “rayonnement du corps noir”, la “lumière noire”, les “trous noirs”, l’“énigme du noir de la nuit”, le “soleil noir” des éclipses, sans parler de la “matière noire” qui constitue l’essentiel de la masse de l’univers…
Jean-Marc Lévy-Leblond
Professeur émérite de l’université de Nice,
Directeur de la revue Alliage
18h15 – 19h15 pause et Tour de Table de Présentation des participants
19h15 navettes hôtels et chambres d’hôtes
19h30 – 21h00 Dîner
Mardi 27 mars JOURNEE 2
09h00-10h20 La place de la couleur dans un monde d’ombres mouvantes / The place of color in a world of moving shadows
Roberto Casati (EHESS, Paris)

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An evolutionary argument for the mechanism of color constancy is that it solves the problem of telling illumination from reflectance boundaries in constrained situations (i.e., those in which other heuristics are not available). If shadows are evolutionarily earlier perceptual items than objects, it can be argued that color constancy for object surfaces could have exploited pre-existing mechanism for discounting change in illumination. Object color constancy would thus be a by product of an earlier mechanism. Color is not there to help us classify objects, but for telling shadows from non-shadows in a mutable environment. In the presentation I’ll address questions such as whether monochromats can make sense of shadows.
Roberto Casati
EHESS, Paris
10h20 – 10h40 Pause
10h40 – 12h00 Diffusion et absorption du noir et du blanc
Christine Andraud (Institut des Nanosciences de Paris)
12h00 – 12h45 Neurophysiologie et phénomène de perception du blanc et du noir
Michel Imbert (Ecole Normale Supérieure, Paris)

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Blanc Noir et Neurosciences
Si le blanc et le noir ne sont pas des « couleurs » (ici les guillemets s’imposent), alors le neurophysiologiste peut s’interroger sur ce que pourrait être, en vision directe, la « soi-disant couleur » d’une surface que nous nous accordons, sans grande difficulté, à appeler blanche ou noire. Le blanc, le noir, le rouge le vert ou n’importe quelle nuance n’existe que si trois conditions sont réunies. D’abord, il faut de la lumière, ensuite un objet, dont les diverses surface renvoient cette lumière après l’avoir modifiée en fonction de ses propriétés microscopiques , enfin, et surtout, un capteur sensoriel, œil et cerveau, capable d’analyser non seulement la « composition spectrale » d’un rayon circonscrit issu d‘un point de la surface , mais encore la « couleur » d’une plage étendue entourant celui-ci. La couleur est bien davantage qu’une longueur d’onde. Voir une couleur ne signifie pas faire une discrimination spectrale. Il existe de nombreuses ressources cérébrales pouvant être invoquées pour expliciter cette différence et faire du blanc et du noir des « couleurs » à part entière, susceptibles de prendre de multiples aspects du noir le plus brillant au plus mat, du blanc le plus mat au plus brillant.
Nous tâcherons de les passer en revue et de les discuter..
Michel IMBERT
Directeur de Recherche
Ecole Normale Supérieure
13h00 Déjeuner
15h30 – 16h15 Perception, fonction et vision du noir et du blanc dans le monde animal
Doris Gomez (Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier)

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Perception, fonctions et évolution des colorations achromatiques dans le monde vivant
Fleurs des champs, oiseaux marins et animaux des cavernes, parure de l’hermine ou du zèbre, le noir, le blanc et plus généralement les couleurs achromatiques (gamme de gris entre noir et blanc) présentent une universalité tant taxonomique qu’écologique puisqu’ils sont présents chez les végétaux et les animaux (vertébrés comme invertébrés) tant aquatiques que terrestres. Nous exposerons tout d’abord les principes et les mécanismes de la vision de la clarté, en soulignant ses avantages et ses limites par rapport à la vision des couleurs. Nous étudierons ensuite les fonctions que peuvent remplir les colorations achromatiques en matière de communication, thermorégulation ou résistance mécanique. Il sera particulièrement intéressant de s’interroger sur l’existence ou non de propriétés spécifiques du noir et du blanc qui pourraient expliquer les fonctions et les règles d’évolution de ces colorations par comparaison avec les autres types de coloration.
Doris Gomez
Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive
UMR 5175 CNRS, Montpellier
16h15 – 17h00 Production du noir et du blanc dans le monde vivant
Serge Berthier (Institut des NanoSciences de Paris)

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Ces couleurs très particulières dans le monde vivant seront abordées comme éléments structurels multifonctionnels des organismes animaux. Les couleurs en général, et celles-ci en particulier, interviennent dans de nombreux processus vitaux dont les principaux sont la communication intra (reconnaissance spécifique et sexuelle) et interspécifique (couleurs sématiques et speudosématiques), le camouflage et la gestion des flux électromagnétiques, solaire et radiatif.
Une première partie sera donc consacrée à la présentation de ces fonctions, principalement illustrées par les insectes. La seconde partie présentera en détail les origines physico-chimiques de ces couleurs structurales et/ou pigmentaires et de leurs propriétés spectrales, les insectes, de par leur extrême diversité se prêtant bien à une présentation quasi exhaustive des phénomènes.
Les noirs les plus profonds sont produit par une combinaison pigment (principalement des mélanines)/structure assurant et régulant à la fois l’absorption visible et le rayonnement infra rouge. Cette propriété sélective sera abordée via la théorie de Kirchhoff et illustrée principalement par des lépidoptères (Morpho et Charaxinae). A l’opposé, les blancs, produits par diffusion, sont générés par des structures extrêmement variées plus ou moins efficaces du seul point de vue colorimétrique. Nous présenterons ainsi plus en détail celui relativement peu pur des Piérides (Piridae, Lépidoptère) produit par une couche unique de granules ovoïdes (les ptérinosomes) et le blanc extrêmement lumineux du longicorne Calothyrza margatifera (Coléoptère) produit par une complexe structure multiéchelle.
Serge Berthier
Université Paris Diderot
Institut des NanoSciences de Paris, Université Pierre et Marie Curie,
17h15 – 18h00 Noirs métamères et blancs métamères
Françoise Viénot (MNHN, Paris)

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Le métamérisme est le phénomène selon lequel deux stimuli (lumières ou matériaux colorés éclairés) ont la même couleur alors que leurs spectres sont différents. Il s’agit d’un phénomène fondamental pour la vision des couleurs, qui s’explique par le fait que les deux spectres ne sont pas analysés par l’œil mais génèrent trois mêmes signaux dans les cônes de la rétine.
Le métamérisme peut être exploité avantageusement, en éclairage par exemple, où l’on fabrique des sources artificielles de lumière blanche qui sont des métamères de la lumière naturelle.
Le métamérisme peut devenir un problème dans l’industrie lorsqu’il est impossible de reproduire à l’identique les propriétés spectrales d’un matériau coloré. Etant donné que la couleur observée résulte de l’intégration du produit Source ? Objet ? Observateur, l’assortiment de deux matériaux colorés métamères dépend du spectre de la source et de la sensibilité spectrale de l’observateur ou d’une caméra qui photographierait l’objet. Le procédé de génération de noirs métamères permet d’étudier le degré de métamérisme lié à un changement de source lumineuse ou à un changement de récepteur.
Françoise Viénot
Museum National d’Histoire Naturelle
CRCC
18h00-18h45 Pourquoi la nuit est-elle noire ?
Jean-Marc Levy Leblond (Université de Nice)
18h45 Les doctorants présentent leurs travaux (coordonné par le comité scientifique)
20h30 Diner puis soirée libre
Mercredi 28 mars JOURNEE 3
09h00 – 10h20 The neural locus of edge representations that mediate perception of lightness
Steve Shevell, Université de Chicago

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A uniform achromatic region can be made to appear dark on the left side and bright on the right side by inserting a thin light-dark vertical edge in the center (Craik-O’Brien-Cornsweet effect). This demonstrates the importance of edges for perception of lightness and darkness but the neural locus of the edge representation remains controversial. New experiments show that a monocular neural representation of an edge is neither necessary nor sufficient for changes in lightness perception; instead, the edge must be represented at a neural locus at or after binocular integration.
Steve Shevell
University of Chicago
(chercheur invité de l’Université Paris Descartes – Psychologie de la Perception)
10h20-10h40 Pause
10h40-12h00 Noir et blanc : lecture anthropologique de deux non-couleurs
Gilles Boetsch (CNRS, Bamako, FDakar Sénégal)

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Nous nous proposons d’étudier le rôle des non-couleurs le noir et le blanc dans différentes sociétés.
Marques gravées sur le corps, peinture, maquillages, parures diverses, vêtements signent les identités individuelles comme collectives. Le noir et le blanc sont des « couleurs » essentielles qui participent à de nombreuses constructions (sur le corps, dans le maquillage). Ils forment avec la couleur rouge les trois éléments colorés universels, essentiellement dans les cultures non-occidentales (deuil en blanc ou en noir, les mises en valeur du visage et du corps…..).
Gilles Boetsch
Directeur de recherche au CNRS
UMI ESS 3189 (CNRS – UCAD – CNRST – Univ de Bamako)
Faculté de médecine – Université Cheikh Anta Diop – Dakar (Sénégal)
12h00 – 12h45 Blanc et noir, couple fertile ou célibataires endurcis ?
Anne Varichon (ethnologue)

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Analyse comparée de la présence du blanc et du noir dans divers types de nuanciers (peinture, textile, fournitures pour artistes et cosmétiques) du début du XXe siècle à nos jours : place respective dans le nuancier, récurrence, déclinaison, identification.
Anne Varichon
Ethnologue, anthropologue
Recherche sur le nuancier
12h45 -14h00 Déjeuner
14h – 17h30 Choix à préciser après l’inscription
Atelier n°1 excursion-découverte géologique des ocres et présentation de l’ouvrage édité par le CNRS janvier 2011 Jean-Marie Triat, géologue, Faculté de Marseille
Atelier n°2 photographie numérique : le clair-obscur en noir et blanc Philippe Durand, photographe, Paris
Atelier n°3 whiteness, blackness et jeux de matière France Cler, consultante couleur, Paris (apporter sa « trousse d’écolier », ciseaux, colle, règle…)
Atelier n°4 art et phénomènes optiques à la Fondation Vasarely Aix-en-Provence visite guidée de l’oeuvre de Vasarely et atelier de la Fondation sur les réseaux linéaires

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WHITENESS BLACKNESS ET JEUX DE MATIERES
Séquence 1 / durée approximative, 60′ : Aspects matières, échantillonnages de papiers diversifiés du blanc au noir (effets texturés, tramés, lisses, transparents, translucides, mats , brillants, métallisés, nacrés etc…)l’apport de ces échantillonnages peut être enrichi par votre sélection personnelle. Recherche du vocabulaire approprié à chacun d’eux, collage, montage des échantillons sur papier fort.
Séquence 2 / durée approximative , 1h15 :Démonstration des Echelles de gris et équivalences en nuances colorées (dont outils NCS )
Séquences 3 / durée approximative, 1h15 : Sur l’exemple extrait du matériel NCS, exercice de transposition gouachée par chaque participant de l’échelle de gris.
Afin de dynamiser l’esprit de recherche concertée de l’Atelier, la participation se concrétise en Duos. Le regroupement favorisant les échanges et l’enrichissement des apports du partenaire, chacun réalise son dossier personnel.
France CLER
Consultante-Couleur. Paris
18h30 – 19h30 pour les participants : TP Matériaux supports de l’impression numérique / ou visite du Conservatoire
pour les membres du Comité Scientifique : Réunion de travail
19h30 – 21h00 Dîner 21h15 – 22h30 Conférence du soir : Photographie contemporaine : « le noir attend le blanc »
Philippe Durand (Photographe, Paris)

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Ce qu’on appelle communément la photographie noir et blanc est, en général, une affaire de gris. La “belle” photographie noir et blanc s’épanouit dans les gammes de gris; le photographe américain Ansel Adams a théorisé cette approche dans son “zone system” classant les gris en onze zones du blanc pur au noir absolu. Mais quelques auteurs se distinguent en travaillant plus volontiers dans les extrêmes. Si des photographes européens influents travaillent ces images fortement contrastées, cette dominante graphique se retrouve surtout au Japon, en particulier dans les années 70. Influence culturelle de la calligraphie et des modes d’expression graphique, préférence pour le livre et le magazine plutôt que pour les beaux tirages, volonté de casser les codes traditionnels de la photographie documentaire, se combinent pour expliquer cette place à part qu’occupe l’école japonaise dans l’histoire de la photographie.
Philippe Durand
Fondateur du magazine Réponses Photo et photographe, Paris
Jeudi 29 mars JOURNEE 4 09h00 – 10h20 Broyer du noir, images de mélancolies
Maxime Préaud, (dpt Estampes de la BNF)

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Une main soutenant le poids de la tête, c’est plus qu’un geste, c’est un code graphique déterminant la mélancolie. Tous les personnages qui, dans les images les plus variées, sont figurés dans cette attitude ont un lien à la mélancolie. L’accumulation de ces représentations dans le monde occidental y définit, large et complexe, la notion de mélancolie.
Parmi les caractéristiques de cette affection, il y a le contact avec un autre monde. Les mélancoliques sont en partie des visionnaires, qu’ils voient le paradis ou l’enfer. Pour les artistes, et spécialement les
graveurs, habitués à broyer du noir et à travailler à l’envers, ils sont plutôt du côté de l’enfer.
Maxime Préaud
Ancien conservateur au département des Estampes
de la Bibliothèque Nationale de France
10h20 – 11h00 Manet, du noir intense au noir virtuel, ébauche d’un parcours cognitif
Claude Imbert (dpt Philosophie Ecole Normale Supérieure)

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Manet , « un certain noir….. »
Ces mots de Mallarmé relèvent un fait , mais aussi la singularité indécidable d’un nouvel usage du noir . Après tant et tant de monographies souvent excellentes , Manet demeure énigmatique. On se propose de lier, tout autrement que par une évidence factuelle, l’énigme de ce noir et une option décisive pour le modernisme pictural.
Une analyse conduite de différents points vue ( coloriste, historique , cognitif, émotionnel, anthropologique ) , donnera l’occasion d’un parcours transversal où Manet prend place dans la production d’une intelligence proprement picturale. S’y confirme une perspective cognitive que les considérations de physio-neurologie ne saturent pas.
Claude Imbert
Département de Philosophie et Centre Cavaillès
Ecole Normale Supérieure, Paris
11h00-11h20 Pause 11h20 – 12h Matériaux historiques du blanc et du noir
Sandrine Pagès (C2RMF)
12h00 – 12h45 Matériaux historiques du blanc et du noir
Jacques Castaing (C2RMF)
12h30 – 14h00 Déjeuner 15h30 – 16h15 La question du blanc dans les matériaux papier
Jean-Francis Bloch (LGP2,G-INP, UMR 5518, Grenoble)

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Le papier, ou devrait on dire, les matériaux papiers, demeure au quotidien un support ou un outil dont les utilisations ne font que croître, contrairement aux prédictions. Ses propriétés physiques, souvent obtenues à faible coût, en font un candidat sérieux pour de nombreux usages. La détermination de son cahier des charges fait souvent apparaitre un compromis entre ses propriétés mécaniques et optiques. Dans le cadre de cette rencontre, nous nous focaliserons sur ces dernières. En particulier, il conviendra de caractériser par exemple sa couleur. Si l’on s’intéresse, en particulier, au blanc, il est nécessaire d’introduire, brièvement, quelques définitions afin de préciser la terminologie et les problématiques associées. Puis, nous illustrerons sa structure tridimensionnelle ainsi que son influence sur ses propriétés. Des exemples de modifications de ses propriétés optiques, soit par intégration de charges minérales (en surface ou en son cœur), soit par modification de sa structure, permettront de mieux appréhender ce matériau, certes millénaire, mais toujours contemporain.
Jean-Francis Bloch
Physique des structures fibreuses
Grenoble INP – Pagora
LGP2 / G-INP/ UMR 5518
16h15 – 17h00 Encres, supports et colorimétrie
Anne Blayo (LGP2,G-INP, UMR 5518, Grenoble)
17h00 – 17h30 Pause 17h30 – 18h15 Le brillant du noir
Gaël Obein (Conservatoire National des Arts et Métiers)

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Le brillant est, au même titre que la couleur, la texture et la transparence, un attribut de l’apparence visuelle. Il prend son origine dans la distribution des luminances qui naît lors de la réflexion lumineuse sur la surface d’un objet. C’est un attribut de second ordre, en cela qu’il résulte d’une interprétation, faîte par notre système visuel, des attributs de premier ordre. Pour naître, le brillant requière un déplacement ou de la courbure et, dans tous les cas, plusieurs prises de vue. Cette notion temporelle, souvent inconsciente, est vraisemblablement à l’origine de sa confusion avec le scintillement.
D’un point de vue physique, le brillant provient de la réflexion lumineuse dite de surface, par opposition à la réflexion de volume, qui compose la couleur. La lumière n’interagissant pas avec les pigments, le brillant est achromatique, ou tout au moins, ne véhicule que la couleur de la source lumineuse. Il est localisé dans une région particulière de l’espace, autour de la direction spéculaire. Il dépend en revanche fortement de la rugosité de la surface, et de sa densité. D’ailleurs, il peut même renseigner l’observateur sur la nature du matériau qu’il a sous les yeux et sur sa finition.
Cette propriété, associée à l’héritage perceptif du vernis brillant et protecteur, en fait un attribut visuel de grand intérêt pour l’industriel, car il est souvent associé à une notion de qualité et de robustesse. Ainsi, la maitrise du brillant et en conséquence sa mesure est devenue ces dernières années un enjeu majeur. Mais aujourd’hui, le brillant se mesure mal. Pour certain métrologues, le brillant est multidimensionnel avec un nombre de dimensions inconnues, pour les autres, le brillant est multiple, et doit être séparé en plusieurs types, tels que le brillant de contraste ou la netteté d’image. Le débat, sur ce sujet, n’est pas tranché.
D’un point de vue perceptif, le brillant est traité de manière global et participe à l’écologie de la scène observée. Ainsi, il renseigne sur la position des sources lumineuses et leur couleur. Il est impliqué dans le phénomène de constance de couleur et est par ailleurs constant lui-même par rapport aux géométries d’illumination et d’observation. Bien que sa participation soit discrète, le brillant permet souvent de donner une cohérence à une scène reproduite. Dans la peinture, le dessin ou l’image de synthèse, il est donc particulièrement bien considéré.
En s’appuyant sur une collection d’échantillons noirs qui permet d’isoler l’attribut de brillant de sa grande sœur couleur, ce cours s’attachera à présenter le brillant d’un point de vue physique et d’un point de vue perceptif et proposera quelques liens entre ces mondes. Après une introduction qui visera à définir le brillant, nous présenterons les principales caractéristiques visuelles du brillant, comme le brillant de contraste, la netteté d’image, le lustre et la constance de brillant. Une deuxième partie permettra de mettre en relation la sensation et les propriétés des matériaux afin de mieux comprendre l’origine physique du brillant.
Gaël Obein
Conservatoire National des Arts et Métiers
18h15 – 19h00 Moyen Age : l’impossible noir et blanc
Nicolas Reveyron (Maison de l’Orient et de la Méditerranée UMR 3178)

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Le Moyen Age a aimé passionnément la couleur. Plus violemment même que la Renaissance. Les auteurs du IV-VIe siècle ont chanté l’architecture très colorée et les édifices pleins de lumière. Le Moyen Age central a mis en scène la lumière dans des architectures toujours plus complexes. Les valeurs sensibles ne sont pas le noir et le blanc, mais le duel du lisse et du rugueux, du transparent et de l’opaque. Le XVe siècle a inventé les coordonnées, les rappels des mêmes couleurs qui unifient dans la diversité les vitraux, les peintures murales et les grands retables. Cette lumière pourtant crée les zones d’ombre et de pénombre, prélude à un jeu plus subtil de nuances et de contrastes. Ce noir et blanc en acte, qui trouve une affirmation dans la dealbatio (technique de blanchiment des parements intérieurs), a pris, à toute époque, des colorations spirituelles. Le XVIIe siècle y mettra bon ordre avec ses badigeons gris et le XVIIIe siècle passera tout au lait de chaux. C’était le siècle des lumières.
Nicolas REVEYRON
Institut Universitaire de France
UMR 5138 Archéométrie et archéologie
Maison de l’Orient et de la Méditerranée
20h30 Buffet de clôture Vendredi 30 mars JOURNEE 5 9h00 – 9h45 Restitution analyse du TP psycho-physiologie mené avec l’ensemble des participants de la semaine
Clotilde Boust – Jean-Jancques Ezrati C2RMF

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IMPACT DE L’ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA TEMPERATURE DE COULEUR SUR L’ECLAIRAGE DE PHOTOGRAPHIES PAR RAPPORT A L’ASPECT PSYCHOLOGIQUE DE LEUR PERCEPTION
Pertinence
La vision d’une image, ici une photographie, la recherche de sens débute par l’analyse de repères connus, qui vont connotés pour chaque observateur, un contexte propre l’amenant à retrouver (ou à ne pas retrouver) une situation connue. La question est de savoir si cette analyse peut être influencer, dans un sens ou dans un autre, par le choix d’une lumière blanche et d’une ambiance qui agiront sur notre rétine, stade physiologique de notre système visuel.
Etude
Soit deux photographies, l’une expressive, par ses repères (feuilles vertes aux arbres, rayons du soleil rasant, etc.) l’autre la plus neutre possible au niveau de ces repères significatifs.
Les deux images accrochées sur un même support (mur blanc) et éclairées chacune, alternativement, par deux projecteurs à découpe, l’un équipé d’un filtre CTB, l’autre d’un filtre CTO de manière à les éclairer sous deux températures de couleur différentes soit 3000K et 6000K.
En complément à cet éclairage d’accentuation, une ambiance lumineuse est proposée, soit ambiance chaude (3000K), soit ambiance froide (6000K), voire absence d’ambiance. Des tubes fluorescents seront utilisés à cet effet.
Deux éclairages d’accentuation et trois éclairages généraux soit six ambiances différentes sous lesquelles les observateurs devront répondre à un questionnaire.
Le temps nécessaire à l’expérimentation est de 20 minutes pour 10 observateurs.
Entre 50 et 60 observateurs seront nécessaires à la réalisation de l’étude. Celle-ci commencera dès le mardi matin (liste préparée avec les participants le lundi soir) se poursuivra par sous-groupe chaque début d’après-midi (après le déjeuner et avant le début des conférences) et en fin d’après-midi à la fin des conférences.
Le rendu de l’étude sera restitué le vendredi matin.
Intervenant
Titres de l’intervenant
Titres de l’intervenant
09h45 – 10h30 L’abstraction en noir et blanc dans la première moitié du XXe siècle : de l’abstraction à l’Expressionnisme abstrait
Valérie Da Costa (Université de Strasbourg)

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Ce cours cherchera à mettre en valeur l’utilisation du noir et du blanc, comme couleurs ou non-couleurs, dans le développement de la peinture abstraite, celle notamment des avant-gardes historiques du début du XXe siècle dont les pionniers : Kandinsky, Mondrian, Kupka, Malevitch ont proposé, en parallèle à leurs recherches sur la couleur, une réflexion venant ponctuer leur œuvre. Ces approches seront mises en perspective avec les propositions de certains peintres expressionnistes abstraits (Pollock, Kline, De Kooning) au tout début des années 50 qui comme leurs aînés font de l’utilisation du noir et blanc le paradigme d’un langage élémentaire et universel.
Valérie Da Costa
Historienne de l’art et critique d’art.
Maître de conférences en Histoire de l’art contemporain (XXe et XXIe siècles)
Université de Strasbourg.
10h30 – 10h50 Pause 10h50 – 11h35 Les matériaux support de l’impression numérique et photographique
Clotilde Boust Mathieu Dubail (C2RMF)

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Après avoir vu le principe des tirages photographiques argentiques traditionnels, nous présenterons quelques unes des nombreuses technologies d’impression numérique. La qualité d’une image issue d’une chaîne numérique dépends non seulement du support matériel de tirage mais aussi des traitements d’images préalables, une vue d’ensemble de ces paramètres sera présenté.
Clotilde Boust
Maître de Conférences – Couleur & Image
Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France
C2RMF – Palais du Louvre
11h35 – 12h10 La silhouette en tant que figure dans les gravures et dessin au XIXème siècle
Ségolène Le Men (Conservateur)
13h00 – 14h00 Déjeuner 00h00 – 00h00 Blanc / Noir : le témoignage des mots
Annie Mollard-Desfour (LDI , CNRS)

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L’approche linguistique comparée du blanc et du noir, couple antagoniste et complémentaire, met en lumière l’importance de ces deux « couleurs » aux statuts particuliers par leur rapport privilégié avec la lumière et l’ombre, nommées et chargées, dès l’Antiquité, de symboliques au cœur des grands thèmes touchant aux mythes, à la religion, aux croyances, aux liens entre le corps et l’esprit.
On verra comment le langage contemporain a repris à son compte les blancs et noirs anciens mais les a transformés et renouvelés, brouillant les codes et témoignant de nos connaissances scientifiques, de nos conceptions morales, de nos codes culturels, des évolutions de la société dont la langue se fait l’écho.
Annie Mollard-Desfour
LDI (Lexiques Dictionnaires Informatique)
CNRS – Universités Cergy-Pontoise / Paris 13 Villetaneuse
14h45 – 15h45 Bilan pédagogique de l’Ecole Interdisciplinaire 2010 participants, organisateurs et le conseiller formation CNRS
Thèmes d’Ecole attendus pour 2012
16h00 Clôture de l’Ecole et transfert vers la gare TGV

Pendant toute l’Ecole,
une expérimentation en psycho-physiologie est menée en sous-groupes alternés par Jean-Jacques EZRATI, C2RMF
une exposition Noir & Blanc réalisée par l’Ecole Estienne des Arts Graphiques (Paris) sera présentée au Conservatoire

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.