Ecole Interdisciplinaire 2019 – Couleur et Formes

du lundi 7 au vendredi 11 octobre 2019

Objectifs de l’école thématique interdisciplinaire  2019

Donner, dans un cadre pluridisciplinaire, des connaissances fondamentales et des outils pour aborder les problèmes de tout type se présentant dans leurs travaux de recherche ou dans leur pratique, lorsque des matériaux, surfaces, effets de lumière, aspect coloré, phénomènes perceptifs ou culturels sont en jeu.

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Lorsque la lumière interagit avec la matière, sa surface et sa forme, elle produit différents effets visuels, dont l’apparence colorée. L’Homme, dès la préhistoire, a employé ces propriétés à des fins artistiques, symboliques et religieuses, qui ont été ensuite exploitées par l’artisanat et l’industrie. Elles continuent de jouer un rôle significatif dans nos sociétés de services et de communication, et la science en approfondit continuellement les connaissances tant pour le développement des applications industrielles et numériques que pour une compréhension toujours plus fine des phénomènes physiques, cognitifs et culturels mis en jeu. Il s’agit alors (i) de mesurer et caractériser, (ii) de modéliser, (iii) et enfin de générer de nouveaux effets associés à de nouveaux produits ou de nouvelles mises en forme physiques ou virtuelles. Dans cette approche, tout comme dans celle des premiers hommes, les aspects physiologiques de la perception jouent un rôle central. Traiter le thème de la couleur des matériaux en lien avec leur forme, relève donc d’un point de vue par nature multidisciplinaire et doit être envisagé comme un phénomène sociétal en évolution. Nous proposons d’aborder le thème selon trois axes principaux : Couleur et formes perceptives (systèmes perceptifs, vivant, sensorialité et cognition), couleur et formes culturelles (arts, cultures et sociétés), et couleur et formes matérielles (physique et chimie).

Public concerné

L’école s’adresse prioritairement aux chercheurs, enseignants, ingénieurs et doctorants des laboratoires des sciences de l’homme et de la société, des sciences du vivant, travaillant sur la couleur, depuis sa génération (matériaux, sources …) jusqu’à sa perception et son ressenti, en passant par sa caractérisation et sa modélisation ainsi naturellement que des laboratoires de physique et de chimie. Les problèmes liés aux objets colorés intéressent directement les industriels, les architectes et les créateurs. Une part de l’école leur est également dédiée. Pour tous les participants, un niveau de formation Bac+5 ou de pratique professionnelle équivalente est recommandé.

Inscription 2019

L’Ecole de printemps est destinée à faire le point sur les connaissances scientifiques disponibles sur la couleur, principalement en recherche fondamentale, avec une ouverture sur la recherche-développement.

Programme

Favoriser les interactions entre les chercheurs en créant une semaine privilégiée en résidentiel dans un lieu-ressource favorable au thème qui sera introduit puis abordé selon trois axes :
INTRODUCTION HISTORIQUE ET PHILOSOPHIQUE
L’introduction, essentiellement historique, permettra de dégager les principaux enjeux tant scientifiques que sociétaux. Les partis-pris sémantiques seront précisés et le vocabulaire sera défini, ce qui permettra d’aborder chaque problématique de façon différenciée. Des exemples pédagogiques illustreront les évolutions du questionnement ou des enjeux au cours des époques.
Seront également remis en perspective le principe de la multidisciplinarité des cours, l’approche transdisciplinaire des séquences quotidiennes de questions/réponses et de synthèse, ainsi que le potentiel interdisciplinaire des projets issus de l’école, en rappelant quelques exemples de collaborations interdisciplinaires issues des écoles précédentes.
  • COULEUR ET FORMES PERCEPTIVES : systèmes perceptifs, vivant, sensorialité, cognition. 

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    Pour comprendre les enjeux qui lient forme et couleurs, il est indispensable de connaître les mécanismes neurophysiologiques à la base de la perception de ces formes et de ces couleurs chez l’homme. En effet, l’étendue d’une couleur définit une forme, et inversement, la reconnaissance de la forme d’objets familiers induit des biais de couleurs perçues. Ces interactions entre forme et couleurs vont jusqu’à prendre une dimension pathologique dans le cas de la synesthésie. Une attention particulière sera aussi portée sur la comparaison entre perception biologique et intelligence artificielle, en particulier la révolution en cours avec l’apprentissage profond. On détaillera également la diversité des liens forme-couleurs plus largement dans le monde vivant, en s’intéressant à leurs fonctions et à leur évolution.
  • COULEUR ET FORMES CULTURELLES : arts, culture, esthétique, société. 

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    L’interaction forme-couleur a intimement innervé la création artistique au fil des siècles. Il s’agira de présenter notamment ici les rapports forme-couleur comme axe de réflexion majeur par exemple dans la sculpture ancienne et contemporaine, mais aussi dans la peinture abstraite du vingtième siècle où la géométrie est régulièrement convoquée. Ce rapport à l’œuvre sera complété par une approche des modèles pédagogiques qui ont approfondi, depuis la fin du dix-neuvième siècle (pédagogies alternatives, Bauhaus, …) la relation couleurs/forme au sein d’enseignements pour les arts, les arts appliqués et l’industrie, instaurant alternativement des académismes ou suscitant des capacités d’innovation. On s’attachera à prendre en compte, d’une part le rôle de la forme dans l’histoire des théories de la couleur et, d’autre part, le rapport de la forme-couleurs tel qu’on l’observe dans la symbolique, les emblèmes et l’héraldique, mais aussi dans la communication.
  • COULEUR ET FORMES MATERIELLES : Physique, Physique des Matériaux, Chimie.

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    De l’échelle nanométrique à l’échelle macroscopique, la structuration de la matière influe sur le rendu coloré. La structure cristallographique des matériaux induit certaines absorptions qui sont susceptibles d’être modifiées en énergie par le confinement lié à la taille et la forme de nano / micro particules, provoquant ainsi une modification de la couleur perçue. A une plus grande échelle, la texturation de la surface d’un matériau peut également induire de nombreuses variations des attributs d’apparence, tels que la couleur ou le brillant.

PROGRAMME DETAILLE

Lundi
JOUR 1 – INTRODUCTION A L’ECOLE COULEUR ET FORMES
13h30 Votre arrivée à Avignon TGV – Navette vers Roussillon
14h30 Café et dossier d’accueil
formalités d’inscription
navettes installation hôtels et chambres d’hôtes   
15h45 Introduction générale, objectifs et organisation de l’Ecole
Jean-Francis Bloch (  3SR – UMR 5521, Grenoble INP), Barbara Blin Barrois (PTCE ôkhra, Centre Français de la Couleur)
16h Introduction Sciences et Interdisciplinarité
Kalina Raskin, CEEBIOS
17h Approches fondamentales du rapport Couleur et Formes dans l’histoire des sciences
Jean-Marc Frigerio, Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, UPMC
18h Pause
18h30 Développer les interactions scientifiques I :
tour de table de présentation de tous les participants – trombinoscope
19h Hommage à Jacqueline Lichtenstein
19h15 Apéritif de bienvenue 
20h-21h30 Dîner
Mardi
JOUR 2 – COURS ET TP
9h-9h15 Introduction Axe 1 Couleur et Formes Culturelles
Michel Blay, CNRS
9h15-10h30 Relier science, histoire et art à propos de la couleur et des phénomènes de la couleur dans une perspective critique et philosophique
Michel Blay, CNRS
10h30 Pause
11h-12h Couleur, forme, matière : peinture et supports rares à l’époque moderne
Romain THOMAS, (Dpt histoire de l’art et archéologie, Université Paris Nanterre)

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 Couleur, forme, matière : peinture et supports rares à l’époque moderne Romain THOMAS (Département d’histoire de l’art et d’archéologie, Université Paris Nanterre) Stimulés par les princes collectionneurs, les artistes et artisans de la Renaissance rivalisent d’imagination pour mettre au point de nouvelles techniques et inventer des œuvres toujours plus originales. Parmi ces dernières, les peintures sur pierres « imagées », voire « paysagères », connaissent un engouement certain, et sont réalisées en particulier dans les ateliers des cours italiennes et, sous le règne de l’empereur Rodolphe II, à Prague. Exploitées pour les motifs exhibés par la matière, ces pierres sont décrites par les théoriciens comme des objets où la nature elle-même se fait peintre. L’artisan/ artiste ne fait alors que compléter l’œuvre de la nature pour réaliser l’iconographie. Dans ces œuvres, ce sont aussi bien les couleurs des matériaux, que leurs textures (à une échelle fine) ou les motifs qui les traversent (veines, marbrures, etc., à une échelle plus large) qui stimulent l’imagination de l’artiste et le guident vers un choix iconographique et l’application de ses propres pigments. Les couleurs distribuées sur la surface du support matériel, en fonction de sa composition minéralogique, sont interprétées par l’artiste qui va – ou non – les compléter, afin que l’œil du spectateur puisse y reconnaître des formes familières. Cette étude de cas sera prolongée par l’étude de peintures sur d’autres types de supports (écaille de tortue, ivoire), autant d’exemples d’une inversion du schéma théorique promu par certains à la Renaissance, de la prééminence du disegno (dessein, projet intellectuel) et du caractère secondaire de la réalisation concrète de l’œuvre. La forme ici ne préexiste pas dans l’esprit du peintre mais est, au contraire, conditionnée par le support matériel et ses couleurs.
12h-12h15
Communication et actualités des partenaires de l’Ecole
  • nouveau Groupe De Recherche GDR APPAMAT
  • congrès AIC2020 organisé par le Centre Français de la Couleur à Avignon
12h15-12h30 Présentation des TP et Ateliers et confirmation des choix, Jean-Francis Bloch
12h30 Repas
14h-15h Visite du Conservatoire des ocres et de la couleur et de la coopérative culturelle ôkhra
15h-16h
De la couleur-lumière à la lumière-matière en peinture. 
Chemins vers Mark Rothko et Pierre Soulages
Anne-Camille Charliat, Université Sorbonne 

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 De la couleur-lumière à la lumière-matière en peinture. Chemins vers Mark Rothko et Pierre Soulages

(Anne-Camille Charliat, Université Sorbonne)
La lumière, qu’elle soit naturelle ou artificielle, est la force mettant en acte la visibilité du monde pour la majorité des êtres vivants et à l’origine des couleurs qui sont les effets de son action spécifique sur l’œil. En interagissant directement avec la matière, la lumière produit la couleur et penser philosophiquement le concept de lumière dans l’art pictural revient donc tout d’abord à comprendre le cheminement des voies propres de la couleur qui fut progressivement reconnue comme la spécificité même de la peinture. Intrinsèquement liées au sein de toute expérience perceptive, lumière et couleur impliquent un processus physiologique dont les paradigmes évoluèrent au fil des siècles. La couleur révèle un monde visible dont l’origine lumineuse échappe pourtant à la perception et les peintres œuvrèrent à dégager l’origine invisible du visible : la lumière, essence de la visibilité. C’est plus particulièrement à travers l’analyse de l’œuvre de Mark Rothko et de celle de Pierre Soulages que nous orienterons notre intervention tant le concept de lumière y rencontre de riches problématiques esthétiques qui entrent en résonance avec les paradigmes artistiques propres à l’histoire de la peinture. Les œuvres de ces deux peintres ne seront pas « comparées » mais plutôt « mises en regard » afin de questionner l’articulation dynamique et proprement picturale entre matière et lumière. C’est notamment sous l’influence de la pensée esthétique de Nietzsche que Rothko nourrit son langage plastique : l’artiste veut exprimer les émotions fondamentales de l’existence tragique de l’homme et dans sa peinture, il cherche à révéler la nature spirituelle de la lumière, arrachée à sa dimension physique. Nous verrons que les dernières œuvres de Rothko témoignent d’une rupture avec ses célèbres colorfield, presque uniquement composés de couleurs : c’est alors des pigments les plus sombres que l’artiste cherche à faire jaillir l’essence de la lumière et à trouver un équivalent pictural de la « clarté », c’est-à-dire l’essence invisible (pour l’œil) qui rend tout visible. Neuf ans après la mort de Rothko, Soulages inaugure sa période dite des Outrenoirs, durant laquelle il recouvre ses toiles d’un unique pigment noir, traditionnellement défini comme la non-couleur par excellence et comme l’absence de toute lumière.Pourtant, Soulages a usé du noir comme d’un « instrument » révélateur et conducteur de lumière et nous analyserons comment la lumière est devenue son « matériau » pictural, autrement dit la matière agissante de sa peinture.
16h Pause
16h30-17h30  » Imprimer le monde  » ou les formes du digital ; architecture et design à l’ère de la fabrication digitale
Olivier Zeitoun, Département Design et prospective industrielle, MNAM – Cci, Centre Pompidou, Paris 

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 Imprimer le monde » ou les formes du digital ; architecture et design à l’ère de la fabrication digitale
(Olivier Zeitoun, Département Design et prospective industrielle, MNAM – Cci, Centre Pompidou, Paris, Sur une proposition de Marie-Ange Brayer, conservatrice en chef) Les technologies numériques ont bouleversé la conception et la fabrication des objets, transformant la pratique des architectes, designers, artistes. L’exposition Imprimer le monde interrogeait l’émergence dans la création artistique d’un nouvel artefact numérique imprimé en 3D. De l’objet de design au prototype architectural, de l’atelier de production aux objets innovants de laboratoire, cette exposition a réuni une génération d’artistes, designers et architectes qui se sont emparés de l’impression 3D comme outil critique d’expérimentation. A l’aide des nouvelles technologies, ils explorent de nouveaux usages et formes, accompagné d’un travail sur la couleur. À travers une quarantaine de créateurs, l’exposition interrogeait les mutations des formes au sein d’une « matérialité digitale » où une nouvelle typologie d’objets a fait son apparition dont l’impression 3D est le dénominateur commun.
17h30-18h45 Développer les interactions scientifiques II :
Post-Docs, Doctorants et étudiants présentent leur thème de recherche
séance animée et encadrée par le comité scientifique
20h Dîner
Mercredi
JOUR 3- COURS ET TRAVAUX PRATIQUES
9h-9h15 Introduction Axe 2 Couleur et Formes Perceptives
Pascal Mamassian, Laboratoire des Systèmes perceptifs UMR 8248, Ecole Normale Supérieure, Paris et Doris Gomez, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, CNRS UMR 5175, Montpellier
9h-10h45 Color perception: objects, constancy, and categories
Prof Karl Gegenfurtner, Abteilung Allgemeine Psychologie Justus-Liebig-Universität 

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 Color perception: objects, constancy, and categories (Prof Karl Gegenfurtner, Abteilung Allgemeine Psychologie Justus-Liebig-Universität)
The main purpose of color perception is to aid the visual perception of objects and materials in our environment. I will review the state of the art on object colors, color constancy, and color categories and provide insight into the functional aspects of color perception.
10h45-11h15 Pause
11h15-12h15 Reconnaissance de formes et le rôle de la couleur: systèmes naturels et artificiels
Simon Thorpe, CerCo, Université Toulouse 3, CNRS CHU Purpan 

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 Reconnaissance de formes et le rôle de la couleur: systèmes naturels et artificiels
(Simon Thorpe, CerCo, Université Toulouse 3, CNRS CHU Purpan)
Depuis quelques années les systèmes de vision artificiels rivalisent la capacité des êtres humains à reconnaitre des objets et des scènes. Que peut-on apprendre de ces systèmes basés sur des architectures de type “réseaux de neurones” et des apprentissages “Deep Learning”? Quelles sont les différences par rapport à des systèmes de vision naturels? Enfin, que peut on conclure sur le rôle de la couleur ?
12h15-12h40 Discussion interdisciplinaire avec les intervenants et le Comité Scientifique
12h45-14h Déjeuner
14h30-15h30
et
17h30-18h30
TP(s) en groupes alternés :
Impressions,
biréfringence et art polarisant (JM Frigerio, AL King)
15h30-17h30
Un atelier au choix sur le thème matière/couleur :
  1. Couleurs naturelles : nuancier et gamut de teintures végétales, Lise Camoin ou Marianne Aubry /Couleur Garance, Lauris
  2. Défis optiques des sciences de la couleur : Colour Challenges, Lionel Simonot, GDR Appamat, université de Poitiers
  3. Composition et couleurs en photographie numérique Philippe Durand
  4. Système, atlas et nuanciers de couleur : structures et formes observées dans les fonds Bernard Guineau (historien de la couleur) et France Cler (coloriste conseil en architecture et paysages) conservés en matériauthèque (ôkhra)
18h-19h30 Réunion interne du Comité scientifique – Temps libre pour les participants
19h30-20H30 Dîner
20h45-21h45 Concert
Jeudi
JOUR 4 – COURS et TP
9h-9h15 Introduction Axe 3 Couleur et Formes Matérielles
Serge Berthier
9h15-10h15
Approche Multi-échelle et Multi-physique (s) déterminantes de la couleur 
Serge Berthier, Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Université Paris 7 

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De l’échelle nanométrique à l’échelle macroscopique, la structuration de la matière influe sur le rendu coloré. La structure cristallographique des matériaux induit certaines absorptions qui sont susceptibles d’être modifiées en énergie par le confinement lié à la taille et la forme de nano / micro particules, provoquant ainsi une modification de la couleur perçue. A une plus grande échelle, la texturation de la surface d’un matériau peut également induire de nombreuses variations des attributs d’apparence, tels que la couleur ou le brillant.
10h15-11h15 Couleur et géométrie: deux notions intimes
Manuel Gaudon, ICMB-CNRS, Pessac-Bordeaux 

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 Couleur et géométrie: deux notions intimes
(Manuel Gaudon, ICMB-CNRS, Pessac-Bordeaux) Dans ce cours, l’origine de la couleur des pigments inorganiques sera discutée en revenant sur les notions de base de sciences de la matière: modèle planétaire puis modèle de Bohr (base de la chimie quantique), configuration électronique, arrangement cristallin, polyèdres de coordination et champ cristallin autour du chromophore. Nous verrons notamment que la couleur provient de l’absorption par la matière des photons qui permettent aux électrons de « voyager » entre deux états d’énergie. Autrement dit, la couleur est donc une trace directe de l’énergie que coûte ce voyage. Or, nous montrerons que l’énergie du voyage dépend principalement de l’arrangement géométrique des atomes de la matière. Ainsi, pour le chercheur, le bleu obtenu avec du cobalt signifie que le cobalt se trouve dans des tétraèdres d’oxygènes (pyramide à faces triangulaires), alors que le rose obtenue avec du cobalt signifie que le cobalt se trouve alors dans des octaèdres (bi-pyramide à faces triangulaires). Couleurs et figures géométriques sont intimement liées.
11h15 Pause
11h45-12h30 La pédagogie de la forme et de la couleur au Bauhaus
Anne Monier Vanryb, Musée des Arts Décoratifs, Paris 

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La pédagogie de la forme et de la couleur au Bauhaus (Anne Monier, conservatrice, Musée des Arts Décoratifs )
Fondé en 1919 à Weimar par l’architecte Walter Gropius, le Bauhaus est une école qui fusionne l’enseignement des Beaux-Arts et celui des arts décoratifs, mue par une volonté novatrice d’effacer la hiérarchie séculaire entre les différents arts. En 1933, l’école vote sa propre dissolution, incapable de poursuivre sa mission dans le climat politique allemand. Selon le manifeste du Bauhaus, le but final de toute activité plastique est la construction : le cursus éducatif répartit ainsi les élèves entre différents ateliers, après un cours préliminaire inculquant un socle commun de connaissances nécessaires. En quatorze ans, 1250 étudiants côtoient les plus grands artistes de leur temps, qui dispensent leur savoir autant dans les salles de classe que dans la vie quotidienne. La force du Bauhaus est d’avoir laissé leurs différentes vues s’exprimer et coexister, animant sa communauté d’une vie artistique d’une richesse inégalée, loin du dogmatisme souvent caractéristique des avant-gardes du XXème siècle. Si au Bauhaus le traitement de la couleur, et ses liens avec la forme, sont abordés lors du cours préliminaire de Johannes Itten, László Moholy-Nagy et Josef Albers, ainsi que dans les classes théoriques de Wassily Kandinsky et Paul Klee, ces questions se posent dans tous les ateliers, et trouvent autant de réponses qu’il y a de sensibilités artistiques au sein du Bauhaus.
13h-14h Repas
14h30-15h30 TP géologie du paysage et gamut des terres colorantes
Géologue du Parc Naturel Régional du Luberon et Intervenant.e ôkhra
Pause
15h45-16h30 Cartes, couleurs et daltonisme
Francis Dhee, Cité Descartes, Université de Champs Sur Marne 

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 Cartes, couleurs et daltonisme (Francis Dhee, Cité Descartes, Université de Champs Sur Marne)
En créant une carte, le cartographe vise à être le plus lisible et le plus accessible. Mais qu’en est-il pour les déficients visuels de la couleur. Comment lisent ils les cartes ? Utilisent ils la couleur ? Comment perçoivent ils la couleur ? L’objectif mon travail sur les couleurs est rendre les cartes plus accessibles. 
16h30-17h15 Couleurs et formes dans le monde animal, ou comment le léopard a eu ses taches et autres histoires
(Doris Gomez, CNRS, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier ) 

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 Couleurs et formes dans le monde animal, ou comment le léopard a eu ses taches et autres histoires (Doris Gomez, Chercheure au CNRS, CEFE, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, Montpellier)
Le monde vivant surprend par la diversité tant par ses couleurs que par ses formes. Si les patrons de coloration (organisation et forme des taches de couleur) semblent aussi diversifiés que complexes, leur mise en place peut être modélisée par des processus de réaction-diffusion simples, économiques en information, et capables de générer spontanément un patron. Les recherches actuelles visent à élucider les mécanismes génétiques et cellulaires sous-jacents, et notamment à identifier les marqueurs spatiaux qui ancrent l’orientation des formes. L’évolution conjointe des couleurs et des formes obéit largement à la pression des prédateurs. De nombreuses espèces optent pour des stratégies de camouflage qui réduisent la détection (mascarade, coloration disruptive), ou réduisent les attaques (ocelles), des stratégies qui contraignent l’évolution de certaines associations forme-couleur. De rares espèces sont capables de changement dynamique de couleur et de forme (forme des taches, mais aussi posture, texture), et les mécanismes de ces changements sont complexes et encore peu connus. Enfin, de nombreuses espèces avertissent les prédateurs de leur toxicité par des patrons de coloration voyants, et la sélection favorise la convergence des espèces en forme et couleur, appelée mimétisme. Le mimétisme pose des questions fascinantes pour les biologistes de l’évolution, à savoir comment se maintient la diversité du mimétisme et pourquoi la convergence en forme et couleur entre co-mimes est souvent imparfaite. Les recherches soulignent l’importance des pressions exercées par les récepteurs des signaux, les prédateurs mais aussi les congénères.
17h15-18h Développer les interactions scientifiques III :
Echanges interdisciplinaires avec les intervenants
19h-22h Soirée de Clôture Couleur & Formes
Vendredi
JOUR 5 – COURS et EVALUATION DE L’ECOLE
9h-10h15 Chimie des formes étonnantes
Mona Tréguer-Delapierre, ICMCB-CNRS, Pessac-Bordeaux 

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Chimie des formes étonnantes (Mona Tréguer-Delapierre ICMCB-CNRS, Bordeaux) Alors que l’on sait préparer des objets minuscules de morphologie sphérique depuis une centaine d’années, cela fait moins de 30 ans que l’on a réussi à élaborer des nanoparticules non sphériques. Ces objets possèdent des propriétés étonnantes. Selon leurs dimensions et leurs formes, ils absorbent la lumière dans un domaine de longueurs d’onde allant du visible au proche infra-rouge. La vivacité de leurs couleurs en fait des éléments optiques novateurs, par exemple, pour créer des revêtements décoratifs, des peintures, des enduits à effets spéciaux… c’est tout cet art de la nanoconstruction développée par les chimistes qui sera abordé dans cet exposé.
10h15-11h15 Contrôle utilisateur en informatique graphique : palettes de couleurs et matériaux expressifs.
David Vanderhaeghe, Maître de conférence, IRIT, Université de Toulouse

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Contrôle utilisateur en informatique graphique : palettes de couleurs et matériaux expressifs.
(David Vanderhaeghe, Maître de conférence, IRIT, Université de Toulouse)
Le choix des couleurs et la définition de l’apparence sont des étapes nécessaires dans le processus de création qui apportent un contrôle artistique aux utilisateurs. Ce travail nécessite un temps considérable et est souvent limité par les modèles disponibles dans les logiciels de créations. Les nouveaux outils informatiques permettent d’accélérer le processus de création en aidant les utilisateurs à explorer les choix de couleurs tout en respectant leurs contraintes. Dans le cas de l’ajustement de l’apparence d’objet 3D, les modèles de matériaux sont calqués par la physique. Cela permet d’obtenir des images photoréalistes, mais les utilisateurs doivent jouer avec les limites de ces modèles pour pouvoir donner leur style. Fort de ce constat, nous détaillerons un modèle de matériau laissant libre court à l’expression artistique. Ce modèle est directement contrôlable par l’utilisateur par une approche constructive. 
11h15 Pause (et remise des questionnaires)
11h30-12h30 Remise en perspective des enseignements
Michel Blay – Jean-Francis Bloch
Sondage à chaud des questionnaires et Discussion générale des participants avec le comité scientifique 
13h Départ Navette Avignon TGV

 

 Inscription 2019

 Le programme 2019 prend la suite d’une succession de thèmes des écoles de printemps à Roussillon : « matière, lumière, perception » (2000), « aspects physiques : pigments » (2001), « aspects chimiques : colorants » (2002), « le métal » (2003), « les oxydes et composés métalliques » (2004), « couleur langage cognition» (2005), « lumière et couleur des matériaux » (2006), « nouveaux matériaux pour la couleur » (2007), « couleur et mouvement » (2008), « couleur et echelles spatiales » (2009), « couleur et échelles temporelles » (2010), »le blanc et le noir » (2011), « approches multisensorielles » (2012), « couleur matérielles et immatérielles : l’illusion » (2014), « Lumière, Couleurs et enjeux de société » (2016).

Modalités d’inscription

par mail auprès de formation@culturecouleur.com, ou par téléphone 04 90 05 66 69
En raison du nombre limité de places, nous vous conseillons de vous inscrire le plus tôt possible.

Objectifs pédagogiques généraux des Ecoles scientifiques sur la Couleur de Roussillon

L’école aura pleinement atteint son but si chaque participant, quelle que soit son origine professionnelle, repart avec une vision claire des différents domaines, un langage et une terminologie commune non ambiguë permettant l’échange et la confrontation, et une compréhension non superficielle des techniques employées par chacun pour aborder les questions. Afin de favoriser les échanges, intervenants et participants assistent à la totalité de l’école. Des discussions sont prévues à la fin de chaque séance, aux soirées, aux ateliers pratiques pour permettre la rencontre, l’échange et la confrontation des problématiques entre les disciplines. Les intervenants en charge de cette Ecole thématique sont des chercheurs de haut niveau, pressentis par le comité scientifique. Ils présenteront, sous forme de cours, la synthèse des connaissances de leur domaine scientifique. Pour un enseignement théorique solide, les intervenants disposeront de temps pour introduire eux-mêmes les notions nécessaires à la compréhension de leur sujet en tenant compte du caractère pluridisciplinaire de l’auditoire.

Directeur scientifique principal : Jean-Francis BLOCH, Mécanique et Couplages Multiphysiques des Milieux Hétérogènes,  3SR CNRS 5521, Grenoble INP
Directeur scientifique adjoint : Pascal MAMASSIAN, Laboratoire des Systèmes Perceptifs, UMR 8248, Ecole Normale Supérieure, Paris, past-directeur du GDR 3045 Vision
Directrice scientifique adjointe : (I)Jacqueline LICHTENSTEIN, Philosophie Esthétique, Université Paris Sorbonne
Autres membres des comités scientifiques et d’organisation
• Christine ANDRAUD, Centre de Recherche sur la Conservation, Muséum National d’Histoire Naturelle
• Serge BERTHIER, Institut des Nanosciences de Paris UMR 7588, Université Paris 7
• Michel BLAY, CNRS
• Barbara BLIN-BARROIS, PTCE ôkhra et culture couleur, Centre Français de la Couleur, Roussillon
• Valérie Da COSTA, Département Histoire de l’Art, Université de Strasbourg
• Jean-Marc FRIGERIO, Institut des Nanosciences de Paris, UMR 7588, Université Paris Sorbonne
• Manuel GAUDON, Institut de Chimie de la Matière Condensée de Bordeaux, Université de Bordeaux
• Doris GOMEZ, Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive, CNRS UMR 5175, Montpellier
• Michel MENU, Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, Ministère de la Culture, Paris
• Romain THOMAS, Département d’Histoire de l’Art et archéologie, Université Paris Nanterre
• Anne VARICHON, ôkhra, culture couleur, Centre Français de la Couleur

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.