expo 1999 – Chauds! les pigments, céramiques et émaux

exposition de 1999

La transformation de la couleur par la chaleur. « L’ocre rouge est obtenus par calcination de l’ocre jaune », cette phrase répétée visite après visite n’a jamais manqué de susciter l’interrogation des visiteurs… L’expérience de cuisson d’ocre réalisée pour la science en fête en 1996 avec les anciens ocriers, la Société Européenne des Produits Réfractaire et l’Ecole des Mines d’Alès, a montré l’intérêt d’appliquer les méthodes de mesure scientifiques à des savoir-faire traditionnels afin de mieux comprendre les gestes, l’état des connaissances et le degré de qualité de la cuisson obtenue. Ces deux expériences nous ont poussé à choisir de travailler plus particulièrement durant une année le thème de la transformation de la couleur par la chaleur.

nuancier céramique l photo©Philippe Durand

nuancier céramique l photo©Philippe Durand

contenu de l’exposition Chauds! les pigments, céramiques et émaux

Chaque composant de l’ocre jaune, la goethite, le kaolin, la silice entrent respectivement dans la composition de l’ocre rouge, de la porcelaine, et du verre. Ainsi l’ocre nous donnera 3 axes : les verres colorés et émaux, les terres cuites et céramiques, la fabrication des pigments.

Fabrication des pigments par la chaleur. Dans la nature, de nombreux matériaux peuvent se cuire et ainsi fournir des pigments. Deux des 3 couleurs de la palette préhistorique étaient obtenues par calcination : le rouge et le noir. La calcination de l’ocre et la transformation de jaune en rouge est connue depuis longtemps, mais l’ensemble des phénomènes de la cuisson ne sont étudiés que depuis quelques années. Aujourd’hui, dans le domaine industriel, ce secteur est particulièrement développé et la SEPR est le premier producteur européen de supports de pigments à haute température.

ZIRCONE Société Européenne des Produits Réfractaire. La SEPR fabrique des céramiques industrielles pour la réalisation des fours hautes températures sur-mesure, notamment des industries du verre. Depuis 1929, cette activité fait appel à des matériaux tels que Silice, Alumine, Magnésie, Oxyde de Chrome, Zircone. La Zircone technique est obtenue par un procédé thermique. Elle est essentiellement destinée à la fabrication des pigments pour l’industrie céramique. Certains dérivés, Zircones réactives et Zirconium sont utilisés pour la fabrication de céramique spéciales.

Emaux et verre colorés. C’est à une introduction à la chimie et à la physique que nous invite ce sujet. La combinaison de silice, d’alumine et de plomb donne du cristal. Celle de silice, d’alumine et de soude donne du verre à vitre, celle de silice, d’alumine et de potasse donne du verre pyrex. Vous ajoutez un oxyde de cuivre et vous obtiendrez dans le premier cas une couleur verte, dans le second un bleu turquoise et dans le dernier cas, une couleur brune. Il faut encore ajouter la température, l’atmosphère de cuisson, le pourcentage de chaque ingrédient …

Chimie des émaux, David Challier. Jeune homme passionné par la terre, David Challier en a abordé plusieurs aspects ; d’un bac d’agronomie à un DEUG en géologie, il passe 5 années aux beaux-arts de Marseille consacrées à la fusion de l’émail sur terre cuite. Aujourd’hui il poursuit ses recherches sur le phénomène de vitrification de l’émail. Ses panneaux d’échantillonnage déclinent une succession de petits carrés où chaque ingrédient diminue ou augmente selon une proportion systématique. Silice, calcaire, feldspath, ponce, cendre calcaires et cendres siliceuses, pigments et oxydes, ses nuanciers servent de base aux ateliers pratiques d’initiation  sur les fameux « phénomènes » de l’émaillage que les potiers et céramistes entourent traditionnellement de mystère.

Les couleurs des terres cuites. Jeu des couleurs des différentes argiles, transparences, glacis, engobes, … Le domaine des terres cuites regorge d’exemples où les savoirs scientifiques relatifs aux terres cuites sont beaucoup plus récents que les savoirs techniques utilisés depuis des siècles par les praticiens.

Le Raku, Camille Virot. Le raku est une céramique d’origine japonaise  (XVIème siècle) réservée essentiellement à la fabrication des bols à thé. Introduit récemment en occident, le raku intéresse de nombreux artistes pour  ses particularités techniques mais aussi pour ce qu’il porte d’oriental. Installé en Haute Provence, Camille Virot, artiste renommé, pratique cette technique depuis 1972. Il a également accompli  plusieurs voyages en Afrique afin de collecter les savoir-faire sur la cuisson des poteries à l’état traditionnel. Les nombreux articles qui lui ont été consacrés et sa maison d’édition spécialisée sur le sujet céramique en font une figure majeure de la céramique actuelle.

Les terres engobées de Salernes, Entreprise Jacques Brest. C’est à Salernes, petite cité du Haut Pays Varois qu’a été inventé  la célèbre petite tommette hexagonale qui couvrit tous les sols des demeures provençales. Cette terre cuite rouge satiné était obtenue par un procédé abandonné (composé d’un mélange d’argile et d’ocre) que Jean-Pierre Roy et l’entreprise Jacques Brest tentent de retrouver.

Les terres mélées, Jean Faucon à Apt. Les terres mêlées et la faïence jaspée d’Apt, technique retrouvée au XIXème siècle par Léon Sagy  et toujours vivante avec Jean Faucon.

Eugène Fidler, Artiste céramiste. « Inventions colorées, de pots des plats, des carreaux, des vases, des surfaces et des arabesques, des rondeurs et des angles des rires en forme d’oiseaux et des oiseaux en forme de lyre, des chansons d’émail et des soupirs en terre d’ocre. Tout ici est simple et tout vise à la joie de vivre. Si savates soient les patines d’oxydes, l’emploi des engobes colorés, si minutieux le travail qui assure à la moindre tasse un fini délicieux, on a quelque mal à entrevoir ici la patience, l’acharnement, la multiplicité des cuissons. » Jean Lacouture. Né en 1910 en Russie, Eugène Fidler, après des études aux beaux-arts de Paris, se voua à la peinture puis à la céramique (si élaborée qu’il faut ici parler de sculpture). C’est dans les années soixante qu’il décide de revenir définitivement à Roussillon.

 

Expérimentations de l’exposition Chauds! les pigments, céramiques et émaux

2 cuissons expérimentales (en 1996 et en 1999) ont eu lieu dans le four de l’ancienne Usine Mathieu avec le concours de la SEPR (groupe St Gobain) et de l’Ecole des Mines d’Alès.

 

Les ateliers du conservatoire

  • Initiation céramique avec Camille Virot
  • La pratique des cuissons et de l’émaillage Raku avec C. Virot
  • Atelier émail perfectionnement avec C. Virot

 

Pour en savoir plus, voici quelques lieux à visiter 

  • Maison de la Céramique de Mulhouse
  • Maison de la Céramique (les Beaumettes, 84)
  • Les terres de Salernes, (Var), plus de 12 fabricants de tommettes, carreaux et faïences.
  • Cliousclat (Drôme)
  • St Quentin la Poterie (Gard)
  • Le Village de la Borne (Région Centre)

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.