expo 2002 – peaux de peinture

exposition 2002

Le plus vieux support de l’aventure humaine de la couleur : la peau. L’une des images fortes des ocres de Roussillon est le défilé ininterrompu de visiteurs aux visages couverts d’ocre, aux traces de main jaune ou rouge dans le dos, comme si pour un court instant, chaque être s’en remettait à ses instincts primitifs. Dans la nature, de nombreux matériaux ont été utilisés, qui, mélangés à des matières grasses constituèrent les premiers maquillages. Mais seul son usage lui en confère son statut. Des pratiques héritées de l’antiquité, usages, symboles et matières se transmettent d’époque en civilisation. Technique médiévale de l’enluminure, parchemins, peaux diversement traitées comme support de peintures, tatouages et détatouages, maroquinerie, marqueterie du cuir,  corps peints, maquillage, pigmentation naturelle de la peau, la pigmentation réactive (d’un rougissement humain aux métamorphoses du caméléon). Pour ce sujet, pratiques sociales, symboliques et matières premières seront évoquées pour le maquillage, ainsi que, plus techniquement, le traitement de la peau comme support de couleur, d’écriture, d’imaginaire.

 

contenu de l’exposition peaux de peinture

Le rapport premier à la couleur

  • Peintures primitives du corps rituelles et initiatiques : Zaurel poète-peintresse avec un « bestiaire de peaux » et « 12 figures peintes et gravées des 5 continents » et Khaldia Boyer, le minéral et le végétal ornant le corps oriental
  • « Retour à l’homme primitif » ou l’homme civilisé en contact avec la matière : Jean-françois Cholley « Couleurs de l’humanité » portraits des 5 continents à la gomme bichromaté.

Les matières premières du maquillage

  • La société Biotic Phocéa, fabricant d’implants médicaux colorés : Poudres, charges et pigments ; Colorants végétaux pour body painting
  • Ocres, terres et argiles dans la cosmétique
  • Tatouage et détatouage : Philippine Schäfer, l’atelier de tatouage Kaplan et le film de Marie Cipriani-Crauste du musée des arts et traditions populaires ; les docteurs Grognard et Fusade intervenant sur le détatouage
  • Maquillage permanent et semi-permanent : Eleonora Habnit technicienne du maquillage permanent

Peau animale, support de la couleur

  • Le cuir, ses couleurs et ses techniques : tannerie / coloration des cuirs ; tannerie des cuirs d’Indochine et de Madagascar-Roggwiller, l’entreprise qui façonne depuis 1928 les cuirs pythons, requins, grenouille et autres animaux exotiques ; lycée polyvalent d’Alembert (Paris) qui forme les tanneurs pour l’industrie du cuir ; marquetterie de cuir (reliure, arts décoratifs) ; Sün et Marc Evrard reliure commentée étape par étape de la Petite Anthologie de l’ocre ; ganterie, lorsque la peau recouvre la peau (les mégisseries Richard et Mercier de Millau, haut lieu de la ganterie en France et la maison des métiers du cuir de graulhet)
  • Parchemins et enluminures : les parchemins de Jean-Pierre Bavouzet de Levroux (préparation des peaux) ; établissement Bonanni pareur de cuir à Trets (13) (enluminure médiévale et enluminure contemporaine) ; Inge Bosken-Kanold, les parchemins pourprés

Expérimentations science en fête

Du parchemin et de ses couleurs. Autour du VIIIe Thalamus de Narbonne, manuscrit sur parchemin, débats, conférences, échanges, reconstitution expérimentale de teinture sur parchemin, présentation d’essais

  • Le VIIIe Thalamus de Narbonne, par Paul-Henri Viala, archiviste municipal de Narbonne
  • Analyses physico-chimiques des pigments par Claude Coupry, Laboratoire de Dynamique, Interactions et Réactivité – CNRS, Thiais
  • Analyse sur place des matériaux à partir de la mesure de la couleur par Mady Elias, C2RMF, Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France, Paris
  • Démonstration et essais de coloration pourprée sur parchemin par Inge Bösken-Kanold
  • Le parchemin et ses problèmes de conservation par Claire Chahine, CRCDG, Centre de Recherches sur la Conservation des Documents Graphiques, Paris : la peau humaine le samedi 20 octobre à 14h et le dimanche 21 à 10h. Pourquoi l’homme s’est-il marqué la peau ? A quand remonte cette trace dans la chair ? Que reste-t-il aujourd’hui de ces pratiques ? Quelle en est la signification contemporaine ? Rencontres, conférences, débats, projection de documentaires autour d’un sujet sensible.
  • L’écriture sur la peau par Martine Lefeuvre-Déotte, Maître de Conférence, Département de Sociologie, Université de Caen
  • Histologie & physiologie de la peau par Thierry Fusade, docteur dermatologue, Paris
  • Autour du travail de Philippine Schäfer sur le corps et de « Code barre… », documentaire de Marie Cipriani-Crauste. Discussion et échanges sur le tatouage, sa signification, sa pratique. Musée des Arts et Traditions Populaires, Atelier Kaplan et Association à-Corps-et-Graphies, Paris
  • Le maquillage permanent, par Eléonora Habnit, dermographe, Lausanne
  • Problématique, technique du détatouage et traduction cutanée de l’émotion par Catherine Grognard, docteur dermatologue, Paris. Conception et fabrication d’implants médicaux colorés  par Catherine Prioux et Jean-Paul Tiziano de la société Biotic Phocea, Marseille

 

Les ateliers du conservatoire

Le Henne, plante du paradis avec Khaldia Boyer 

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.