histoire et valeurs

ôkhra se trouve à la croisée de deux cultures, celle de la couleur et celle de la coopérative. Dans chaque domaine l’histoire tient lieu de socle culturel sur lequel germent et se développent des connaissances et des pratiques.

Depuis 1994

 

La coopérative SCIC est née de l’association créée en 1994 en partenariat entre la Commune de Roussillon dans le Vaucluse et les fondateurs du projet conduits par Mathieu Barrois.  La SCIC ôkhra est chargée de la mise en valeur de l’Usine Mathieu et du développement du Conservatoire des ocres et de la couleur.

Son objectif principal est de contribuer à la sauvegarde, à la promotion des savoir et des savoir-faire liés à la production de l’ocre et à la mise en oeuvre des matières colorantes dans différents domaines : bâtiment, peinture, papier, art et métiers d’art,…

La coopérative gère l’Usine Mathieu en Délégation de Service Public culturel et touristique depuis 1998.
Elle a également créé, en commun avec la Société des Ocres de France, une filiale Arcano, titulaire depuis avril 2009 de la Délégation de Service Public d’exploitation des Mines galeries d’ocre de Bruoux.

L’association ôkhra s’est créée comme entreprise à vocation culturelle. En France, le seul statut adapté à un projet moralement collectif et concrètement économique était finalement jusqu’à la Loi SCIC celui de l’association loi 1901. Fiscalisée pour l’ensemble de ses activités, l’association ôkhra a toujours appliqué le principe de ne pas redistribuer ses bénéfices à ses membres et de les réinvestir dans les activités culturelles, par nature déficitaires : bibliothèque, mathériauthèque, acquisition et restauration de machines, expositions culturelles, colloques…

Jusqu’en 2004, l’association comptait selon les années 450 à 500 adhérents aux centres d’intérêts très variés : Roussillon, le patrimoine industriel, l’ocre, la couleur, les pigments, les métiers d’art, l’art, l’amitié…

En 2005, 150 adhérents se sont engagés comme acteurs de la transformation en SCIC et 300 ont poursuivi l’aventure sous un mode plus libre d’abonnement.

LE CONCEPT : LE CONSERVATOIRE DES OCRES ET DE LA COULEUR

La population est constituée de personnes de grande diversité qu’il faut sensibiliser, chacune à sa manière. Il faut que chacune soit atteinte. Ici sont abordées tant la pratique que les théories de la Couleur.

Les rencontres : Au Conservatoire, les visites sont accompagnées et les manifestations établissent la rencontre entre des hommes de l’art et des curieux initiés ou totalement novices. Il en va ainsi de toutes les autres activités du Conservatoire qui privilégient l’échange “de visu”.

Les activités : visites, ateliers pratiques, documentation, matériauthèques, démonstrations, conférences, journées techniques, Ecole de printemps sont autant d’activités proposées à un large public. Le comptoir de vente de pigments et matériaux et la librairie spécialisée participent également à diffuser de façon très directe l’information et les moyens de la mettre en œuvre.

La diversité : toutes les techniques de la couleur, offrent un renouvellement de sujet. Les thèmes traités jusqu’à aujourd’hui :
1995 : Murs et peintures à la chaux (fresque, badigeons, enduits décoratifs)
1996 : Pratiques Pigments-Terres™ (savoir-faire d’artistes et d’artisans liés aux terres colorantes
1997 : Couleurs Bois (faux-bois, tempera à l’oeuf, dorure, bois polychrome, pratiques suédoises)
1998 : Us & Papiers (papier japonais, papier chiffon, papier à la cuve, photo à la gomme bi-chromatée)
1999 : Chaud ! les pigments (changement des pigment à la chaleur, émaux, céramiques et terres cuites)
2000 : Un Conservatoire des Couleurs (panorama d’un certain nombre de techniques d’utilisation des pigments et colorants)
2001 : Peaux de Peintures™ (maquillage, enluminure, tatouage, expression corporelle,…)
2002-2004 : Couleurs à boire, Couleurs à manger (origine de la couleur des aliments, leur conservation, les pratiques humaines)
2004-2006 : Couleurs métal (colorantion des métaux, couleurs des alliages et des oxydes métalliques)
2006-2008 : CoParlons Couleur !  (colorimétrie, sémiotique, histoire de mots, systèmes chromatiques, expressions populaires)
2009-2012 : Couleurs coopératives (à la croisée des femmes et hommes de l’art engagés au sein de la coopérative)

Les publics : définir le public, les catégories de public par activité, communiquer de façon individualisée. Le grand public vient naturellement là où un sujet trouve sa cohérence à être logé. Parler de la couleur à Roussillon, en Provence, apparaît comme une évidence lorsque l’on constate le nombre et la qualité d’éminents spécialistes qui viennent spontanément à Roussillon et ainsi jusqu’à nous.

L’outil : ôkhra

l’objectif et les fondateurs : dès son origine le projet de Conservatoire des ocres et de la couleur est fondé sur l’idée que la culture technique et industrielle est créée par les entreprises, les artisans et que sa conservation doit obligatoirement passer par la transmission des savoir-faire. La seule conservation d’un matériel ancien ne suffit pas à assurer cette mission qui doit être conçue en collaboration étroite avec les acteurs qui détiennent encore ces techniques. Cette démarche doit être ancrée dans le monde économique et intégrer la dimension culturelle. Le rôle d’un conservatoire des ocres , à l’instar d’un Conservatoire de musique, est de pratiquer la discipline que l’on entend conserver. C’est un outil au service des professionnels et du grand public et c’est aussi un lieu de rencontre entre eux.

le modèle québécois : l’entreprise à vocation culturelle (voir économusée®, concept créé par Cyrille Simard au Québec) , fonctionne sur cette idée de lien étroit entre économie et culture : le profit dégagé par les activités commerciales (comptoir, librairie, formation…) est réinvesti dans des activités culturelles (accueil, matériauthèque, bibliothèque, patrimoine…).

les investissements : l’ancienne usine Mathieu appartient à la Commune de Roussillon et l’association ôkhra l’a aidé à rechercher des financements pour les travaux, appuyés par le Parc Naturel Régional du Luberon (contrat de plan Etat-Région pour 2 tranches de travaux de 2MF HT chacune, financement européen LEADER II pour la rémunération du chargé de mission communal) : Commune : 45%, Etat – DATAR : 30%, Région PACA : 25%

Mathieu Barrois a pris en charge sur son activité individuelle de consultant l’ensemble des investissements en montage du projet (études, prospections, communication, déplacements).
L’association a repris en 1998 à sa charge ces deux natures d’investissements par tranches d’amortissements annuels.

le mode de gestion : l’autofinancement du fonctionnement : dès l’origine, un embryon d’activité s’est mis en place pour se développer graduellement en s’acclimatant d’année en année à l’espace disponible, à la quantité de public accueilli, au volume des charges et des contraintes à gérer. Le principe d’autofinancement du fonctionnement et du réinvestissement des profits dans le développement culturel du projet est présent depuis l’origine.

le statut juridique : mise en place d’une délégation de Service Public dans le cadre de la Loi Sapin. Cette procédure permet à une collectivité de confier l’exploitation et la gestion d’un service culturel et touristique à une personne de droit privé. A l’issue d’un appel à candidature, l’association ôkhra a été retenue et un contrat d’affermage pour une période de 12 ans a été signé avec la Commune. En 2007, une nouvelle mise en concurrence par la collectivité a finalement abouti à la reconduction d’ôkhra, devenue SCIC, pour une période de 15 ans.

les emplois : une équipe permanente généraliste et polyvalente depuis 1998 (7 à 12 personnes selon la saison) et des spécialistes qui interviennent ponctuellement. Toutes les compétences à forte valeur ajoutée viennent de l’extérieur. La seule activité stage répartie sur toute l’année génère plus de 4 000 repas et 2 000 nuitées principalement sur la commune de Roussillon et alentours.

l’identité : le nom (ôkhra) et l’enrichissement de son identité, créée au travers des thèmes de recherche et d’exposition, est protégé par un ensemble de marques. Okhra™, Pratiques Pigment-Terres™, Peaux de Peinture™, Usine Mathieu™ et Ecole de Printemps™ Jardin des Teinturiers™ Conservatoire des ocres et de la Couleur™ par exemple, sont des marques déposées.

les soutiens : okhra comprend des membres dont 1/3 ont un enracinement local. Des administrateurs d’origines très diverses et impliqués dans les débats décisionnels, plus une trentaine de membres actifs et bénévoles interviennent lors des manifestations. L’Europe (Leader II), la DATAR, la DRAC PACA, le Conseil Régional PACA, le Conseil Général de Vaucluse ont régulièrement apporté leur soutien technique et financier.

La Commune, le Parc Naturel Régional de Luberon et Mathieu Barrois, sont membres fondateurs. De nombreuses entreprises concernées par la couleur sont membres bienfaiteurs de l’association depuis son origine. Le Centre Français de la Couleur, le Comité Français de la Couleur, EREC, contribuent à l’action d’ôkhra depuis de longues années.

le contexte :

  • Roussillon, le site idéal village et sentier des ocres, beauté, notoriété, force identitaire
  • la Société des Ocres de France, producteur et partenaire, légitime la valorisation économique
  • le Parc Naturel Régional du Luberon, la qualité de l’environnement, les ressources documentaires, l’outil d’appui en développement local, facteur de faisabilité
  • la Provence, le dynamisme patrimonial, la diversité de la population, les artisans et les artistes, porteuse d’un rêve international.

le lieu « catalyseur » : l’usine Mathieu

 

Une enquête ethnographique : nécessaire reconstitution des fonctions et de l’âme du lieu, enquête très complète réalisée par Francine Simonin et financée par la DRAC, publiée en 2000 sous forme de Livret : L’ocre… de la belle marchandise.

matériauthèques, archives et mémoire collective : cuissons, lavages expérimentaux et transmission de savoir-faire pour la Fête de la science, création et développement d’un centre de ressources documentaires et techniques sur la mise en œuvre des couleurs (archives, documentation, bibliothèque, matériauthèques de produits de bases, échantillons d’artisans.

Potentiel du lieu : nécessaire enrichissement patrimonial : remontage d’anciens moulins, illustration de la filière pigment de la production à la commercialisation des pigments. Les bâtiments et le site de lavage sont aussi ouverts à des interventions artistiques sous réserve qu’elles soient directement inspirées par le lieu et liées intimement à lui : ainsi une anamorphose éphémère de Jean-Pierre Brazs (1997), un spectacle de Dominique Boivin pour le Vélo Théâtre (1998), une installation d’Helga Brenner sur le travail ocrier (1999), «l’enclos» de Jean-Pierre Brazs (2000), la série de sculptures en cuivres et laiton « constellation du taureau »(2004), le labryrinthe de Francisco Sobrino (2006).

partenariats : développement de partenariat techniques avec des entreprises, des institutions, des associations et des particuliers pour illustrer l’approche technique de la couleur à travers ses matériaux.

Le conservatoire des ocres et de la couleur

le conservatoire de la couleur

L'usine Mathieu, conservatoire des ocres et de la couleur
A l'image d'un conservatoire de musique, le rôle du Conservatoire de la couleur est de pratiquer la discipline que l'on entend conserver. Ici, la couleur se vit par le geste et par la transmission des savoir-faire. Le centre de formation, la librairie et le comptoir spécialisé sont au service de cette mission.
Société Coopérative d'Intérêt Collectif (SCIC) reconnue par l'État, ôkhra gère ce conservatoire en délégation de service public. Elle rassemble salariés, artistes, artisans, industriels, scientifiques, bénévoles et collectivités territoriales au sein d'une gouvernance partagée.

les salles de formation

une des salles de cours du conservatoire
Les formations se déroulent dans une des salles de cours du conservatoire, aménagées dans les anciens entrepôts d'ocre. L'usine Mathieu est une usine d'ocre réhabilitée, les stages se déroulent donc au cœur de la couleur.
Les installations sont simples, le luxe, c'est l'espace, la lumière et l'environnement. Les pauses déjeuners se prennent fréquemment en plein air (il fait souvent beau, vous êtes en Provence !).

Roussillon en Provence

le village de roussillon
Roussillon est un village magnifique, au cœur du massif ocrier classé du Luberon, et il en a la couleur. La visite du sentier des ocres, au bord du village, est indispensable. A quelques kilomètres, à Gargas, les spectaculaires mines souterraines de Bruoux valent le détour.
A quelques kilomètres d'Apt, on y accède par le TGV d'Avignon ou l'aéroport d'Aix - Marseille. De nombreuses solutions d'hébergement pour tous budgets sont proposées autour du conservatoire.